Déclarations constituantes de Louis-Joseph Papineau de 1837 et 1867

 

déclarations constituantes de Louis-Joseph Papineau de 1837 et 1867

Papineau-P167-345



Louis-Joseph-Papineau, monument, Place du Peuple souverain du Qc

              1867

« … il n’y a d’autorité légitime que celle qui a le consentement de la majorité de la nation ; de constitutions sages et bienfaisantes que celles sur l’adoption desquelles les intéressés ont été consultés et auxquelles les majorités ont donné leur libre acquiescement. »

Extrait de la conférence de Louis-Joseph Papineau donnée à l’Institut canadien de Montréal le 17 décembre 1867

Citation gravée sur le socle de la statue de Louis-Joseph Papineau
Place du peuple souverain du Québec | ANQ

 

LJP-P167-2014-05-017-329

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

04-OVS-CNQ-P167-2014-05-017 333

         1837

« Les sages et immortels rédacteurs de la DÉCLARATION DE L’INDÉPENDANCE AMÉRICAINE, consignèrent dans ce document les principes sur lesquels seuls sont basés les droits de l’homme et revendiquèrent et établirent heureusement les institutions et la forme de gouvernement qui seules peuvent assurer en permanence la prospérité et le bonheur social des habitants de ce continent, dont l’éducation et les moeurs, liées aux circonstances de leur colonisation, demandent un système de gouvernement entièrement dépendant du peuple et qui lui soit directement responsable. »

Adresse de la Confédération des six comtés au peuple du Canada par Louis-Joseph Papineau (La Minerve | 2 novembre 1837)


 

Ces deux déclarations constituantes de Louis-Joseph Papineau espacées de trente ans, mais mises côte à côte, sont prodigieusement révélatrices. En apparence, on pourrait croire qu’il est question de présenter les mêmes revendications, sauf qu’il n’en est rien. 

En 1837, il revendique l’obtention de la part de la Couronne britannique, de ce qu’il a été convenu d’appeler plus tard, le « gouvernement responsable », à savoir, le fait de disposer d’un gouvernement émanant démocratiquement du Peuple de par la tenue élections directes, en lieu et place que ses membres soient nommés par la Couronne, ou cooptés, ou nommés par des corps constitués, comme ce fut longtemps le cas après la Conquête ( et avant du reste en Nouvelle-France ).  

En 1837, Louis-Joseph Papineau, revendique l’obtention d’un « système de gouvernement », qui serait « entièrement dépendant du Peuple » et qui serait « directement responsable » devant Le Peuple ; c’est-à-dire, non plus nommé par la Couronne, et dépendant de la Couronne, mais élu par Le Peuple et dépendant du bon plaisir Souverain du Peuple pour être réélu par Le Peuple aux élections suivantes. Ce qui lui paraissant suffisant.

Il n’y a pas une telle chose qu’un Gouvernement RESPONSABLE dans un État IRRESPONSABLE

Or, en 1867, contemplant ce qu’avait mis en place la Couronne à travers les dispositions constituantes de l’AANB | Acte d’Amérique du Nord britannique, Louis-Joseph Papineau comprend qu’il ne lui suffisait pas d’avoir revendiqué en 1837 le gouvernement responsable, ce qu’accordait la Couronne en 1867, il lui aurait fallu revendiquer un « État responsable ». Il lui aurait fallu mettre de l’avant le RENVERSEMENT de l’emprise de la Couronne sur l’État, comme en Australie 30 ans plus tard, pour mettre en place un État responsable devant Le Peuple, comme les États-Unis l’avaient fait près d’un siècle plus tôt. Mais, puisqu’il n’était pas question pour la Couronne de laisser entre les mains constituantes démocratiques du Peuple, la constitution même de l’État et donc, les Actes constituants de l’État qui gouvernent le gouvernement qui gouverne Le Peuple, la revendication d’un État responsable devenait incontournable ; la revendication d’un État qui émane du Peuple donc, non pas un États aux Actes constituants déterminés par la Couronne et ses élites mercenaires politiques ploutocratiques qui l’endossent cette Couronne, par-dessus la tête démocratique constituante du Peuple. Du moins c’est ce que laisse entendre la juxtaposition de ces deux déclarations constituantes stupéfiantes de lucidité de Louis-Joseph Papineau.

Il a compris qu’il ne saurait y avoir de gouvernement démocratiquement responsable dans un État autocratique irresponsable ; compris qu’il n’y a de gouvernement responsable QUE dans un État responsable ; compris que la députation, le gouvernement, les élites politiques qui acceptent de gouverner Le Peuple, alors que le gouvernement est gouverné par une loi constituante qui n’est pas celle du Peuple, ne sauraient être considérés comme parties ou partisan,es d’un État démocratique ; ne sauraient respecter la primauté démocratique de la Souveraineté du Peuple. Ce pourquoi il appela à boycotter les premières élections s’étant tenues après l’adoption par le seul Parlement de Westminster de l’AANB. Mais on ne l’a pas suivi. Même les patriotes, tel mon ancêtre, on décidé de prendre acte. Que pouvaient-ils faire d’autre ?

Ce pourquoi ces élections, très bien décrites par Jean-François Lisée dans sont texte intitulé « Célébrer… une fraude - 1er juillet : Pourquoi la fête est-elle si triste ? », n’ont jamais pu constituer quelque dénouement démocratique que ce soit à la Rébellion des patriotes de 1837 | 1867.

Ne lui reste à comprendre, Jean-François Lisée comme les autres soi-disant souverainistes, qu’il faut suivre l’exemple de De Gaulle qui à compter de juin 1940 a refusé de participer à la formation d’un gouvernement collabo d’un État d’exception autocrate qui n’avait pas été validé par Le Peuple ; lui reste à comprendre qu’on ne peut pas à la fois mettre de l’avant la souveraineté de l’État du Peuple et à la fois fouler aux pieds la souveraineté démocratique constituante et politique du Peuple.

C’est soit l’un, soit l’autre. Ça ne peut pas être les deux.

Un gouvernement qui gouverne Le Peuple quand le gouvernement accepte d’être gouverné par une Loi constituante qui n’est pas celle du Peuple se trouve à valider la NÉGATION de la souveraineté démocratique du Peuple, se trouve à NIER la souveraineté du Peuple, celle qui seule peut rendre effective la souveraineté de l’État du Peuple, or, comment peut-elle être effective si l’on écrase ce qui seule peut la rendre possible ?  On ne le peut pas et de Gaulle l’a bien compris, la preuve étant son cri lancé du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal le 24 juillet 1967, VIVE le Québec LIBRE ! Le pendant du cri qui terminait ses appels à la libération de juin 1940 et qui a affirmé à la face du monde libre que l’État du Canada était illégitime et de même nature autocrate que ne l’État d’exception PÉTAIN/Laval qu’il appelait à renverser.

Cf : JFL fier partisan de la gouvernance «collabo» ! « Le moment JFL » permet d’en finir avec elle !

 

Joseph-Napoléon-Azarie-Archambault

 

 

 

Mon aïeul, le grand-père du père de mon père, Joseph-Napoléon-Azarie Archambault, a été le compagnon de cellule du Chevalier de Lorimier. Il raconte dans ses « Mémoires de prison d’un patriote » avoir passé avec de Lorimier la nuit précédant l’aube de sa pendaison. Mon aïeul était sur la liste des condamnés devant être pendus ensuite… N’eut été de l’interruption des exécutions, je ne serais pas de ce monde.

 

 

Louis-Joseph Papineau qui a survécu, comme mon aïeul, a pu prendre toute la mesure de la rouerie impériale assassine qui est parvenue à se faire croire que ses vessies autocratiques étaient des lanternes démocratiques. Mais cela n’a dupé ni les patriotes, ni Le Peuple, puisque jamais à ce jour, la minorité activiste autocratique canadianisatrice n’a osé solliciter l’aval du Peuple concernant les Actes constituants démocratiquement illégitimes des États de la Couronne britannique qui se sont succédé ici en s’appliquant de force et d’autorité impériale par-dessus la tête constituante des Québécois,es, pour la bonne et simple raison qu’elle savait que si la question avait été posée, c’eut été NON.

Pas même Pierre Elliott Trudeau, au faîte de sa gloire, n’a osé se soumettre à la primauté démocratique de l’Autorité démocratique suprême du Peuple, se soumettre à son bon plaisir Souverain, n’a osé respecter sa volonté libre démocratique, pour que soit comme il se doit, validée démocratiquement en 1982 la création de la Couronne illégitime du Royaume canado-britannique du Canada devant s’appliquer au territoire national du Peuple Souverain du Québec sans le consulter et sans l’aval de sa députation, et ce, de toutes pièces arbitraires et abstraites de par la seule autorité autocrate usurpatrice du vote de la députation des peuples du Royaume-Uni siégeant au  Parlement de Westminster à Londres, 

Sauf que, cet État illégitime du Canada s’applique encore aujourd’hui au Québec.

Il s’applique, parce que nos propres élites politiques et citoyennes soi-disant libératrices, soi-disant souverainistes, acceptent de former des gouvernements collabos de cet État de clair déni démocratique alors que ces gouvernements qui gouvernent Le Peuple son gouvernés par une Loi constituante illégitime qui n’est pas celle du Peuple ; qui n’a jamais été nommément validé par Le Peuple et pas davantage par sa députation siégeant à l’Assemblée nationale du Québec. Ni en 1982, ni depuis. Alors même qu’en Australie, depuis 1901 s’appliquent des Actes constituants nommément validés par Le Peuple. Pareillement en Irlande, depuis 1937. ( Cf – Liste des États disposant d’Actes constituants validés par Le Peuple ). Mais, pas au Québec !

Ces déclarations constituantes de Louis-Joseph Papineau montre le chemin qu’il faut suivre, tel de Gaulle en juin 1940. Il faut désormais que ce Peuple dispose d’élites citoyennes et politiques démocratiques LIBÉRATRICES conséquentes, qui refusent désormais de participer à la négation de la primauté de la souveraineté du Peuple. Celle qui s’applique ici de force et d’autorité impériale depuis la Conquête ( Cf : Histoire des Actes constituants des États s’étant appliqué au Québec depuis la Conquête )

… C’est ce dont il est question ici.

Si nos aïeux,les n’ont pas eu le choix, nous nous l’avons… à nous de nous hisser à la hauteur de leur hauteur. Il n’en tient qu’à nous, maintenant que nous disposons des pleins pouvoirs démocratiques qui sont les nôtres, maintenant que nous disposons des élites politiques, citoyennes, intellectuelles, techniques, scientifiques, financières, entrepreneuriales ; maintenant que nous nous sommes rapproprié,es à la faveur de la Révolution tranquille près de la moitié de notre État, de notre économie, maintenant que nous disposons de tous les outils étatiques et sociétaux utiles. Ne reste qu’à respecter la primauté de l’Autorité démocratique suprême du Peuple et de cesser de l’évacuer du sommet de l’État.

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À propos de Luc Archambault

Artiste et citoyen

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