2015 03 19 Lettre à Frédéric Bastien | Niqab, chartes, valeurs et droits collectifs VS droits individuels, etc.

 

St-Étienne-de-Lauzon, 2015 03 19

 

Dawson College | histoire

M. Frédéric Bastien,

J’ai lu avec intérêt votre contribution parue hier dans L’Actualité.

Comment diviser le Canada
Le libéralisme défendu par Justin Trudeau dans l’affaire du niqab illustre
à quel point le Canada est devenu un pays désincarné et sans valeurs communes.

L’Actualité 18 mar. 2015 par

Frédéric Bastien est professeur d’histoire au Collège Dawson et l’auteur de La Bataille de Londres : Dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel. Il détient un doctorat en histoire et politique internationale de l’Institut des hautes études internationales de Genève.


Pour qu’il y ait valeurs communes dans un pays démocratique, ne faut-il pas qu’elles s’incarnent dans les Actes constituants de l’État émanant du peuple et validés par lui ? Et ce, notamment à travers Chartes et documents afférents parties intégrantes de ces Actes constituants dument validés par Le Peuple démocratique.

Or, jamais les Actes constituants de l’État du Royaume de la Couronne canado-britannique n’ont été soumis à l’aval des Peuples Souverains du Canada ; cet État n’émane donc pas du Peuple, ses Actes constituants se sont donc, depuis la Conquête, toujours appliqués d’autorité et de force impériale autocrate en niant la valeur commune démocratique. Jadis, à l’époque impériale, passe encore, mais aujourd’hui, que s’applique un tel État de clair déni démocratique est insensé. Le Canada n’est pas « devenu  un pays désincarné et sans valeurs communes », il l’a toujours été, démocratiquement désincarné. La démocratie ne s’est jamais incarnée dans cet État.

Pas étonnant qu’une chatte n’y retrouve pas ses petits à tous égards soi-disant  « libéraux », comme si les idéaux libéraux démocratiques pouvaient se déployer à travers son contraire autocrate. Pour s’y retrouver, ne faudrait-il pas cesser d’omettre de considérer l’absence de légitimité démocratique des Chartes qui servent de socle à ces soi-disant « valeurs communes » qui n’ont rien de commun à la démocratie et à ce qu’elle engage.

La défense des droits individuels des personnes doit tenir compte de la défense des droits collectifs des peuples, ceux qui, au premier chef démocratique, permet au Peuple, de décider ce qu’il convient ou pas d’admettre sur son territoire national en termes de valeurs et droits individuels et collectifs. Or, les défenseurs des droits individuels qui se réclament des Actes constituants du Canada se trouvent à être les mêmes qui n’ont jamais cru bon s’indigner du fait que les Actes constituants de l’État du Canada n’aient jamais été soumis à l’aval référendaire des Peuples Souverains du Canada et du Québec, ce qui fait en sorte que ces Actes constituants s’appliquent au Québec de force et d’autorité impériale par-dessus la tête démocratique du Peuple Souverain du Québec. C’est tout sauf ouvert au monde démocratique.

En démocratie c’est Le Peuple qui doit trôner au sommet de l’État. Le Peuple Souverain trône au sommet de l’État du Peuple démocratique quand, et seulement quand, il approuve les Actes constituants de l’État qui gouvernent les gouvernements du Peuple qui gouvernent Le Peuple ; et jamais aussi clairement que par référendum, comme en Australie depuis 1901, en Islande depuis 1918, en Irlande depuis 1937, en France depuis 1946, etc. ( cf : Liste non-exhausive des États dotés d’Actes constituants validés par Le Peuple par référendum )

Une telle validation démocratique n’a jamais pu s’avérer au Canada, pour la bonne et simple raison que si les Actes constituants des États qui se sont appliqués ici depuis la Conquête avaient été soumis à l’aval du Peuple Souverain du Québec, c’eut été NON ( Cf : Histoire sommaire des Actes constituants des États s’étant appliqués au Québec depuis la Conquête ) . Ainsi, les droits collectifs démocratiques du Peuple Souverain du Québec ont toujours été et sont toujours encore foulés aux pieds.

Les Chartes des droits individuels des personnes doivent, en démocratie du moins, être approuvés par Le Peuple, en tant que parties intégrantes des Actes constituants de l’État du Peuple, en tant que partie consubstantielle de ses valeurs communes.

C’est en vertu de Chartes qui n’ont jamais été approuvées par Le Peuple que l’on se réclame abusivement de l’ouverture à l’autre, alors qu’il est question ici de fermeture totale au plus élémentaire respect de la démocratie et des droits collectifs démocratiques du Peuple que nous sommes. Qui donc ici est ouvert à l’autre, certainement pas Le Peuple puisqu’il est évacué du sommet de l’État qui s’applique à son territoire national. On a donc beau jeu de prétendre que ce peuple est fermé à l’autre, alors même qu’il est enfermé dans une bastille d’où il ne peut sortir puisqu’il n’a jamais eu l’occasion de se prononcer sur le contenu des Actes constituants qui l’embastillent.

Cette claire négation de la souveraineté constituante des peuples est typique de la dissociation cognitive multi-inter-culturaliste qui prend la partie pour le tout sans comprendre que ce cette permutation détruit la qualité et du tout et des parties. En effet, si le TOUT culturel sapiens est pluriel, ce n’est que parce que ses parties sont singulières, différentes et des autres parties et du tout qui est pluriel. Si on applique aux parties singulières la qualité plurielle du tout, ce tout ne peut que devenir singulier, ce qui fait disparaître la diversité culturelle de l’Humanité, dès lors que les parties sont uniformément multi-inter-culturalisées. L’altérité tant recherchée s’absout d’elle-même dans une singularité néantisée. Cf : De l’œco-culturalisme | Pour en finir avec la norme de la multi-inter-culturalisation des cultures | )

Merci pour votre généreuse attention.

Luc Archambault, artiste et citoyen

P.S.

Pourra aussi vous intéresser le fait que je suis gaulliste ( vous qui avez écrit un livre magistral sur De Gaulle et ce qui a résulté de son action ici … Relations particulières ). Du moins, et toutes choses égales par ailleurs, j’appelle à ce que nous suivions son exemple, celui qui lui a fait dire à la face du monde libre que l’État du Canada était de même nature autocrate que ne l’était l’État qu’il appelait à renverser en juin 1940 en terminant ses appels à la LIBÉRATION par ce cri emblématique VIVE la France LIBRE ! ( cf : Deux modèles d’accession à la Souveraineté de l’État ) ; ce cri qui manifestait en juin 1940 son refus de la gouvernance collabo d’un État qui NIE la primauté démocratique de la souveraineté du Peuple.

VIVE le Québec LIBRE ! le pendant de son cri de juin 1940, appelait en 1967, toutes chose égales par ailleurs, au renversement démocratique de l’État de clair déni démocratique canadian.

 

Bastien(couvert)

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