Le caPAIRtalisme !? Ou œ|communisme | néo-communisme !? Une proposition de Michel Bauwens

 

Le capairtalisme !? Ou œ|communisme ( néo-communisme ) !?

Michel Bauwens : « Quand survient le chaos, il faut déjà avoir les solutions » L’Obs / RUE89 | 2015 04 06 |

bauwens-entretien

Les éditions Les Liens qui libèrent publient un livre d’entretiens – « Sauver le monde » (mars 2015) – où Michel Bauwens rassemble les idées qu’il a travaillées et tenté de diffuser ces dernières années. Nous avons profité de sa venue à Paris pour le rencontrer.

Le pair@pair !?

C’est une dynamique sociale qui fait que les gens peuvent aujourd’hui communiquer sans permission et s’auto-organiser pour créer des communs. Pour qu’il y ait du vrai pair-à-pair, il faut un objet en commun. Dans Facebook ou YouTube, il n’y a pas de commun, ce sont des individus qui échangent. Mais quand on fait Linux, Wikipédia ou Arduino, il y a création d’un objet social en commun. Pour moi, c’est ça le vrai pair-à-pair. AirBnb, c’est un marché distribué, mais ça reste un marché, il n’y a pas de création de commun.

Et qu’est-ce que serait une « société pair-à-pair » ?

Ce n’est pas une société où il n’y a que du pair-à-pair, mais dont le centre de gravité est le pair-à-pair. Aujourd’hui, les idéologies dominantes disent que la valeur est créée par des personnes privées. Par le travail (les travailleurs) si on est de gauche, par le capital (les entrepreneurs) si on est de droite. Dans la relation de marché, comme on ne regarde que son avantage mutuel, on ignore les externalités et l’Etat impose de l’extérieur la discipline sur les acteurs. Ça ne marche plus très bien mais ça reste l’idée majoritaire. La société civile n’existe pas. Regardez dans la langue : on dit « organisation non-gouvernementale », « organisation non-profit »… La définition est uniquement négative.

Mais en micro-économie, il existe déjà un nouveau système où des communautés de contributeurs créent du commun, un système donc où des citoyens qui contribuent au bien commun créent de la valeur. Le centre de gravité est là. Autour du commun qui est abondant – parce que son coût marginal est nul –, existent des services à valeur ajoutée pour le marché. Aujourd’hui, ils sont exploités la plupart du temps sur le mode capitaliste classique, mais on peut faire autrement. Car les personnes qui créent le commun peuvent aussi créer leurs propres entités économiques éthiques – des coopératives ouvertes, par exemple – qui sont en convergence avec le commun et permettent au commun de se reproduire et de garder la plus-value dans la sphère du commun.

Dans ce système, on voit un retournement. Il y a toujours un marché, mais il est périphérique par rapport au commun. Une société pair-à-pair consiste donc, au niveau macro-économique, en une société civile où le citoyen contribue systématiquement à créer du bien commun, où une économie éthique existe autour de ces communs – pour créer une économie, une vie et une survie –, et où un Etat-partenaire facilite l’autonomie individuelle et sociale.

Il y a un bon exemple à Bologne, The Bologna Regulation for the Care and Regeneration of Urban Commons, qui permet à des collectifs citoyens de proposer des améliorations du quartier : il y a donc une évaluation, puis une négociation entre la ville et les citoyens pour réaliser les projets. C’est un modèle très différent d’aujourd’hui. L’Etat devient alors un facilitateur qui rend possibles les initiatives. Ce n’est plus un Etat qui délivre des services à des citoyens consommateurs.

 

Liens

Vue d’ensemble de l’économie collaborative avec Michel Bauwens | you tube

P2P Foundation | Le pair@pair, clé de voûte pour les économies futures ? | Silicon maniacs | 2012 02 02

CRITIQUE

Le Devoir | 2015 04 17 | Flavie Halais | L’utopie romantique des «startups» américaines

Les termes « économie du partage », « consommation collaborative » et « économie collaborative » sont tous apparus au cours des années 2000, alors que s’effectuait une prise de conscience quant aux dommages sociaux et environnementaux causés par le modèle de consommation occidental. Parallèlement, les technologies numériques favorisent l’émergence de marchés pair-à-pair facilitant les transactions entre individus, notamment grâce à des systèmes de réputation permettant d’assurer la qualité des biens vendus ou échangés.

[...]

Avec le temps, cette « nouvelle » économie finit par se confondre avec la « vieille » économie tant décriée. Ainsi, Zipcar, l’équivalent américain de notre Communauto, a été achetée par le locateur de voitures Avis en 2013 ; des chambres d’hôtel sont maintenant disponibles sur Airbnb ; et Uber est adoptée massivement par des chauffeurs de taxi traditionnels. Ces quelques exemples démontrent que si ces startups et autres entreprises des technologies numériques peuvent contribuer à favoriser le partage des ressources et la justice sociale, elles ne peuvent le faire sans être encadrées par des politiques publiques et une planification urbaine éclairée. Le mouvement du partage n’est pas seulement économique — il est aussi politique.

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À propos de Luc Archambault

Artiste et citoyen

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