Le legs inattendu de Jacques Parizeau : documenter son échec en appelant à rechercher et à identifier ses causes

Jacques Parizeau

Requiescat in pace | Jacques Parizeau | ULaval | Conseil de la souveraineté | États généraux de la souveraineté 2012 05 27

La plus remarquable des réalisations de Jacques Parizeau me semble être, et de loin, non pas tant ce qu’on célèbre avec raison, à savoir, sa participation ample et directe à la modernisation du Québec, ni sa détermination à mettre sur la table le choix de fonder un pays, mais bien le fait d’admettre avoir… échoué ; le fait d’avoir précisément et minutieusement documenté son échec et ce qui découle de ce précis d’échec ; à savoir, chercher, rechercher ce qui permet d’en identifier et comprendre les causes, non sans appeler ceux qui restent à les identifier faute pour lui d’en être capable, et ce, pour qu’il soit dépassé cet échec qui est le sien, qu’il croît être le sein, entièrement le sien, puisqu’il avait charge de nous en garder, puisqu’il avait pris charge de nous amener à la victoire, à charge pour lui de nous permettre de trouver comment faire mieux parce qu’il nous aura mis sur la piste des causes de cet échec. Tout ça, exposé dans un discours historique d’une lucidité aveuglante… celui du 6 juin 2009 en clôture du Colloque des IPSO, 14 ans après le référendum de 1995.

Ce discours m’a complètement flabergasté quand je l’ai écouté in vivo le 6 juin 2009 dans la grande salle bondée de la Maison Ludger Duvernay. Jacques Parizeau y documentait très précisément et brillamment son constat d’échec, le sien, mais aussi le nôtre ; l’échec de l’ensemble des élites intellectuelles citoyennes et politiques souverainistes. Ce discours de clôture du Colloque des IPSO du 6 juin 2009 est historique, d’abord parce qu’éminemment singulier. En effet, quel chef d’État a su et pu en faire autant, nous mener si proche de la victoire pour ensuite admettre son échec pour mieux nous permettre d’en identifier les causes, afin de libérer l’Histoire d’un Peuple, à défaut de libérer Le Peuple ? ( Cf : Ma singulière rencontre avec Jacques Parizeau du 6 juin 2009 )

Je ne connais aucun chef d’État qui procède de cette manière ; aucun qui nous conjure de se poser les bonnes questions en se gardant bien de le ménager lui, puisqu’il admettait avoir lui-même erré. Il nous a, en quelque sorte, donné la permission exemplaire de le critiquer, de critiquer ce qui a été fait ou qui n’a pas été fait sous sa gouverne, pour que nous trouvions la solution… au bénéfice du Peuple. Un discours historique parce que testamentaire… nous enjoignant de répondre aux questions qu’il pose pour sortir de l’impasse dans laquelle nous nous trouvons, malgré tout ce qui a été fait… malgré tout ce qu’il a fait et su faire.

Jacques Parizeau Discours historique de clôture du Colloque des IPSO du 6 juin 2009

« Devant ça, il faut s’arrêter à ça et réfléchir un peu. Nous qui pensons appartenir à l’élite des souverainistes, qu’est-ce qu’on doit changer dans notre façon de faire ? Puisque le monde ordinaire est où on veut qu’il soit, pourquoi est-ce qu’ils ne croient pas en nous, qu’est-ce qu’on fait de croche là ?

Dans ce sens là, on ne peut pas se chercher un painkiller, le geste qui va tout à coup… Ça va demander beaucoup de changement, beaucoup de changement, dans le sens de certaines choses qu’on a déjà faites et dans le sens de choses qu’on n’a jamais faites. Devant ça, il faut avoir l’esprit très, très ouvert et je pense qu’on doit tous être très humble par rapport à ces chiffres-là, tous autant que nous sommes. »

Il nous oblige en donnant l’exemple, à faire table rase de nos prétentions, de nos a priori, de nos parti-pris électifs. Il exhorte nos devanciers à faire eux-mêmes leur autocritique avec humilité, et sans honte…

Et qu’est-ce donc qui a été fait de travers ?

Il ne répond pas à la question, mais nous implore d’y répondre.

Les Québécois,es pensent que la souveraineté de l’État du Québec est non seulement viable, faisable, mais souhaitable, alors même que les Québécois,es pensent qu’elle n’adviendra pas ? Ce qui est parfaitement contradictoire… qu’est-ce donc qui est en mesure d’expliquer cette contradiction défaitiste nous expose-t-il dans son discours historique réduit à portion congrue par une manchette idiote et mensongère du Devoir brandi à l’ANQ par Jean Charest « … il faut une crise politique »…

 

JEAN CHAREST

Le Devoir en fait sa une le lendemain…

Charest décrie les propos de Parizeau Le Devoir | 11 juin 2009 | Robert Dutrisac

Or, ce discours et le sens de ce discours historique est tout autre et critique justement l’idée qu’il faille une crise…

Il est plutôt question d’appeler à un large et profond examen de conscience politique en mesure de dépasser les contradictions qui plombent le mouvement souverainiste et qui confine Le Peuple Souverain du Québec à l’enfermement illégitime canadianisateur.

Or, j’opine que cette contradiction n’est que le reflet de ce qui a été mis sur la table par les souverainistes depuis que René Lévesque a lancé en novembre 1967 le MSA | Mouvement Souveraineté-Association, trois mois après que de Gaulle se fut écrié ici le 24 juillet de la même année du 100e anniversaire de la soi-disant « Confédération canadian », VIVE le Québec LIBRE ! Le pendant du cri qui terminait ses appels à la Résistance et à la LIBÉRATION de la France occupée sous gouvernance collabo PÉTAIN/Laval, VIVE la France LIBRE !

René Lévesque s’est trouvé à tourner le dos à De Gaulle en 1967, en proposant de s’associer à l’État d’occupation Canadian sans prévoir appeler Le Peuple Souverain du Québec à plutôt le RENVERSER, du simple fait pour lui de l’INVALIDER puisqu’il s’imposait – comme il s’impose toujours – par-dessus la tête démocratique constituante référendaire des Québécois,es. René Lévesque s’est donc résolu au contraire de De Gaulle – accueilli ici en héros Libérateur par les Québécois,es en juillet 1967 tout le long du Chemin du Roy qui l’a mené du Cap Tourmente au balcon de l’Hôtel de ville de Montréal  – à former des gouvernements collabos d’un État de clair déni démocratique canadian qui NIAIT – et qui NIE toujours – la primauté démocratique de la souveraineté constituante du Peuple Souverain du Québec. De Gaulle a refusé de former de tels gouvernements collabos en juin 1940 et appelait à faire de même ici au Québec en 1967 ; l’Histoire lui a donné raison et a donné tort à René Lévesque, de même qu’à Jacques Parizeau, eux qui n’ont pas su – toutes choses égales par ailleurs – se ranger du côté de De Gaulle pour refuser comme lui la gouvernance collabo ; pour appeler comme lui Le Peuple Souverain du Québec à se prononcer sur l’État présent du Canada qui s’impose sans OUI au Québec depuis la Conquête jusqu’à aujourd’hui faute d’avoir eu l’occasion de se prononcer pour l’INVALIDER au Québec puisque l’État ILLÉGITIME du Canada s’impose sans avoir ni sollicité ni obtenu le clair OUI référendaire des Québécois,es

« … par l’argent et par des votes ethniques »

Mais pourquoi donc Jacques Parizeau n’est-il pas revenu avant sa disparition sur sa soi-disant malencontreuse déclaration afin d’admettre qu’il aurait fauté… ? Pour la bonne et simple raison que – tout bien réfléchi – il n’est pas question pour lui d’admettre qu’il a erré dans son constat. Ce qu’il admet, c’est de n’être pas en mesure, lui, de défendre son point de vue utilement, parce qu’il est de bon aloi de prétendre qu’il est un fasciste alors que Pierre Elliott Trudeau est un grand démocrate – lui qui a fait emprisonner 500 personnes de par l’application sans précédents en temps de paix, de la Loi des mesures de guerre dans la nuit du 15 au 16 octobre 1970. Cependant qu’au Chili, Salvador Allende devenait président de la République le 4 novembre 1970. Une espèce de répétition générale de ce qu’a été, toutes choses égales par ailleurs, le coup d’État contre Allende et la démocratie chilienne 3 ans plus tard le 11 septembre 1973, un peu plus de 3 ans avant l’élection du Parti Québécois le 15 novembre 1976.

Son point de vue : ce qui doit être dit.. doit l’être, dit. Et lui, l’a dit. Tant et aussi longtemps que nous nous empêchons de dire ce qui est, nous ne pourrons jamais nous en sortir, ni du complexe du colonisé, ni du culpabilisme débilitant judéo-catholique ; ni de la cérémonie sacrificielle de l’autoflagellation et de l’auto-dénigrement de soi ; ni du sacrement catho de la confession carburant à l’examen de conscience, l’aveu de sa faute, la sincère repentance doublée d’un Acte de contrition parfaite…

Or, il se trouve que la question immigratoire est au coeur battant de la pression assimilatrice qui pèse lourdement sur le destin de la nation du Québec ; qui pèse sur la survie du fait français d’origine neufrancienne en Amérique du Nord, et partant sur les choix à faire quant à la protection de la diversité culturelle de l’Humanité.

Vivent en Amérique du Nord aujourd’hui ± 32M de personnes d’origine neufrancienne… parfaitement anglicisées, tel Justin Bieber, telles Madona, Angelina Jolie et… Hillary Clinton.

Pour une population de ± 2M de personnes vivant à Montréal, s’ajoutent chaque année, ± 46 000 nouveaux arrivants qui s’installent sur l’île de Montréal et pour une population de ± 6M de personnes au Québec, ± 4 000 personnes venant de partout dans le monde choisissent de s’installer ailleurs au Québec, pour un total de ± 50 000 personnes par an. À Montréal la pression immigratoire est 7 fois celle qui a cours en France et aux États-Unis. Il est et il sera très difficile d’intégrer ce flux migratoire 7 fois plus élevés qu’ailleurs dans les pays développés. C’est intenable et d’autant plus qu’on force ces nouveaux arrivants à prêter serment d’allégeance à l’illégitime Couronne canado-britannique qui s’impose au Québec de force et d’autorité impériale sans jamais avoir ni sollicité ni obtenu le clair OUI référendaire des Québécois,es, et qui n’est pas celle du Peuple Souverain du Québec. La population immigrante piégée par ce serment vote à près de 90% contre le vote majoritaire des Québécois,es d’origine neufrancienne, alors que la minorité activiste canadianisatrice s’impose à coup de menaces de représailles économiques, politiques, culturelles indignes d’une société ou le libre choix démocratique constituant du Peuple peut s’exercer LIBREMENT.

Nous DEVONS comprendre que nous avons été battu,es « par l’argent et des votes ethniques »… BATTU,ES « par DES votes ethniques » arrachés au néant par la violation des plus élémentaires règles immigratoires pour plus de 50 000 nouveaux arrivants forcés de prêter serment d’allégeance à la Couronne canado-britannique à la veille de la tenue du référendum de 1995. Pourquoi ? Parce qu’il nous faut comprendre que l’État ILLÉGITIME de la Couronne canado-britannique est prêt à tout pour S’IMPOSER de force et d’autorité IMPÉRIALE sans soumettre ses Actes constituants à l’aval démocratique référendaire constituant des Québécois,es.

Nous devons comprendre qu’il s’agit d’une entreprise organisée, délibérée, méticuleusement conçue, préparée et exécutée par les autorités compétentes du haute en pas de la structure étatique canadian, pour délibérément…

Violer les règles légales du Québec sur le financement des camps du OUI et du NON !
Violer les règles immigratoires du Québec et du Canada !

Afin de fouler aux pieds la volonté libre du Peuple Souverain du Québec, comme l’a si bien décrit Jean Thivierge, ancien journaliste à Radio-Canada

Mais qu’a dit Jacques Parizeau de si monstrueux ce soir du 30 octobre ? Il a dit des choses que les Québécois ne savaient pas à l’époque. Il a parlé d’abord de l’argent. Le 27 octobre 1995, des milliers de canadiens-anglais pour la plupart se pointent à Montréal pour dire leur amour pour le Québec et pour supplier les Québécois de dire NON à la souveraineté. On apprendra plus tard que l’opération aura coûté 5 millions de dollars. Jean Charest était, avec Jean Chrétien, une des vedettes de ce love-in. 5 millions de dollars, c’était la somme que le OUI et le NON pouvaient dépenser durant toute la campagne référendaire. Voilà pour «l’argent» dont parlait Parizeau.

Le « vote ethnique » maintenant. Dans les semaines précédant le référendum, le gouvernement fédéral a accordé la citoyenneté canadienne à des immigrants qui auraient dû patienter beaucoup plus longtemps, selon les normes de l’époque, pour obtenir cette citoyenneté qui leur donnait droit de vote au Québec lors du référendum [ non sans avoir été contraint,es de prêter serment d'allégeance à la Couronne canado-britannique du Royaume du Canada ]. Un peu plus de 50 000 immigrants instantanés ont ainsi eu droit de vote le 30 octobre 1995. L’écart final entre le OUI et le NON fut d’environ 50 000 votes. [ Exactement un écart de 54 288 voix entre le OUI et le NON : manquaient donc au camp du OUI la moitié + une voix de cet écart, soit, 27 145 votes pour l’emporter par une voix ]. Voilà pour le vote ethnique.

Ça n’avait rien à voir avec les immigrants québécois que le Québec des années 90 accueillait avec enthousiasme et ouverture. Parizeau ne faisait que dénoncer le deuxième temps de l’opération qui consistait à empêcher par tous les moyens que le projet souverainiste puisse se réaliser. Jean Chrétien, mais aussi Jean Charest, ont participé à ce trucage. Jacques Parizeau avait raison « c’est vrai qu’on a été battu au fond par quoi, par l’argent et des votes ethniques, essentiellement ».

Jean Thivierge, ancien journaliste à Radio-Canada

La Presse | 2012 08 04 | Jean Thivierge | Jacques Parizeau avait raison

Jean Pelletier ( 21 février 1935 à Chicoutimi – 10 janvier 2009 à Québec ) ex-maire de Québec ayant succédé à Gilles Lamontagne du 1er décembre 1977 au 5 novembre 1989 et qui était à l’époque du Référendum de 1995 directeur de cabinet du Premier ministre « Duplessis,  pardon Jean Chrétien » ( sic… incroyable lapsus de Jean Pelletier dans l’entrevue vidéo avec le journaliste Jean-Jacques Samson du Soleil ), n’hésite pas à parler de « guerre ». Jean Pelletier décrit bien qu’il a été question qu’Ottawa cesse de rester en retrait et mette en marche sa machine de guerre dès lors que les sondages on montré la défaite du NON après que Lucien Bouchard eut été nommé négociateur en chef de la sécession du Québec, et ce, au besoin, au mépris de toute règle et de tout respect des lois du Québec, voire même des Lois immigratoires du Canada. Voilà le message qu’il faut retenir de Jacques Parizeau, nous avons été battus par le pouvoir de l’argent et le pouvoir politique impérial canadian qui s’autorise à ne pas respecter les lois du Québec et du Canada quand bon lui semble…

Il faudra prendre les dispositions utiles pour faire face à tel Régime de non-droit qui s’autorise à perpétrer toute espèce de viol utile ; ce qui découle en toute congruence de la logique impériale canadian qui s’impose sans OUI au Québec par-dessus la tête démocratique constituante référendaire des Québécois,es.

Il ne faudra rien ménager à l’avenir pour rassembler toutes les forces DÉMOCRATIQUES citoyennes et politiques du Peuple Souverain du Québec dans une UNION de Coalition multipartite liguée contre l’État de clair déni démocratique canadian autour d’un Programme COMMUN d’État démocratique républicain qui s’engage à donner l’occasion aux Québécois,es de se prononcer sur les Actes constituants de l’État ILLÉGITIME du Canada qui s’imposent sans OUI au Québec pour les INVALIDER au Québec et pour VALIDER dans la foulée la Constitution primordiale de la République démocratique du Peuple Souverain du Québec.

Il faudra par exemple, demander la supervision de l’ONU et celle d’observateur,trices internationaux afin que le Gouvernement d’Ottawa et ceux des Provinces canadian respectes les lois du Québec ; il faudra par exemple, amender les lois référendaires du Québec pour autoriser l’ANQ | Assemblée nationale du Québec | à suspendre, reporter, voire annuler la tenue du vote en cas de malversation appréhendée.

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À propos de Luc Archambault

Artiste et citoyen

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