Le Quart-monde artistique du Québec ! Destruction d’oeuvres d’art à Québec, à Montréal et dans… le califat de l’ÉI

2 juillet 2015

DÉMOCRATIE 101 | culture

 

Destruction-Dialogue-M2

 

ICI-RC | 2015 06 18 |
Un artiste de Québec dénonce la démolition de Dialogue avec l’histoire

L’artiste Luc Archambault dénonce la démolition de l’œuvre Dialogue avec l’histoire qui trônait à la Place de Paris. Il compare même les façons de faire de la Ville à celles du groupe armé État islamique qui a détruit des oeuvres millénaires en Irak. 

« Celles et ceux qui applaudissement la destruction de l’oeuvre Dialogue avec l’histoire se trouvent à applaudir aussi chaleureusement les destructions des islamistes. » — Luc Archambault, artiste 

Dans une lettre adressée à l’administration Labeaume, le sculpteur et céramiste demande d’obtenir les restes de l’oeuvre détruite mercredi. Il ne comprend pas pourquoi de grandes plaques de marbre ont été jetées de la sorte. Il voudrait maintenant pouvoir créer une nouvelle sculpture avec les rebuts.

 

Jean-Luc Lavallée

JdQ | Jean-Luc Lavallée 2015 07 07
Une pétition pour la reconstruction du «cube»

Pétition Avaaz RAAV | Regroupement des artistes en arts visuels

JdQ | 2015 07 06 | Taïeb Moalla |
Démolition du «cube» : «Qu’il se soigne», lance Labeaume à l’artiste français

Interrogé au sujet d’une récente sortie virulente de l’artiste qui a conçu le fameux «cube», le maire Labeaume a lancé un «qu’il se soigne» bien senti en direction de l’artiste français.

Un petit internement psychiatrique soviétique avec ça… !?

L’ignoble attaque ad hominem du maire Labeaume contre la personne de l’artiste Jean Pierre Raynaud | Wikipédia | est une honte qui achève de disqualifier et de déconsidérer le maire de Québec auprès non pas seulement de la communauté artistique québécoise, française et internationale, mais auprès de toute personne dotée du moindre respect pour le débat démocratique et du moindre respect pour les personnes qui y participent valablement…

Cela, cependant que le maire de Montréal Denis Coderre confirme qu’il refuse de tenir compte de l’avis de l’architecte émérite Phyllis Lambert ainsi que de celui de 5 grands musées montréalais.

Le Devoir | 2015 07 06 |
Square Viger - Coderre confirme qu’«Agora» sera détruite
|


Jean Pierre Raynaud, créateur du fameux «cube», était visiblement sonné par les propos du maire de Québec. 


Le Devoir | 2015 07 02 | CA-RAAV |

L’art public malmené au Québec: une honte nationale! | ici aussi |

Le RAAV | Regroupement des artistes en arts visuels du Québec prend position contre la destruction de deux oeuvres d’art public, l’une déjà détruite à Québec, l’autre annoncée à Montréal. Une contribution publiée dans Le Devoir d’aujourd’hui 2 juillet 2015.

J’abonde…

Le Quart-monde artistique québécois…

Le destruction à Québec du Dialogue avec l’Histoire de Jean Pierre Raynaud et celle annoncée de la fontaine partie de l’oeuvre « Agora » de Charles Daudelin à Montréal ne sont que le débilitant reflet du sous-développement chronique des arts et métiers d’arts visuels du Québec typique du Quart-monde. Si nous avons depuis la Révolution tranquille réussi collectivement à faire se déployer ici et partout dans le monde les oeuvres de nos artistes, autant en littérature que dans les arts de la scène, en télévision, en cinéma, jusque même en danse, sans parler des autres grands et petits cirques ordinaires du rire, nous avons lamentablement échoué en matière d’arts et de métiers d’arts visuels. 60 ans après l’expatriation de Riopelle, nous sommes incapables d’exporter l’art de nos artistes en arts et métiers d’arts visuels. AUCUN n’a pu se hisser à partir du Québec aux plus au sommet des arts et métiers d’arts visuels internationaux. Ni Marc-Aurèle Fortin, ni Borduas, ni Pellan, ni Daudelin, ni Jean-Paul Lemieux, ni Molinari, ni Jordi Bonet, ni Betty Roodish Goodwin, ni Serge Lemoyne, ni René Derouin, personne n’a pu faire ce qu’à pu faire Riopelle… Seul lui a pu être admis dans les maisons de ventes et d’enchères internationales, Christie’s, Sotheby’s ( ICI-RC-2012 06 06 | Un Riopelle établit un nouveau record | ICI.Radio-Canada.ca ) parce qu’il a été un artiste… français, au sens du marché, un artiste québécois expatrié en France.

Normal, nos technocrates de l’art incompétents ne se sont pas souciés depuis 60 ans de développer au Québec un marché de l’art conséquent. Ils ne savaient pas comment faire… pourtant, il,elles ont prospéré… en se contentant de créer plus d’une demi-douzaine de Facultés d’arts visuels pour former des artistes dont le seul débouché tangible a été, est toujours… d’enseigner dans les collèges et universités, ou de faire autre chose… Facile à comprendre, la bisenisse universitaire est dotée d’une formule éprouvée sans risque aucun ; suffit de construit un immeuble, d’engager des professeurs et… le ministère de l’Éducation nationale finance le tout, la formule a été mise au point au Moyen-Âge. Par contre… difficile à comprendre comment faire pour financer la production d’un artiste et s’occuper ensuite de sa diffusion, beaucoup d’appelé,es, peu d’élu,es. Le facteur humain est essentiel et crucial. Il faut des marchand,es d’arts allumés, branché,es sur les forces vives de la nations, et doté,es de ce qu’il faut de talent, d’entregent, de pouvoir de persuasion, de jugement seul capable de réunir les ressources humaines et financières nécessaires au développement de la carrière de chaque artiste qu’il,elle prend sous son aile. Comme l’a par exemple fait René Angelil pour Céline Dion et d’autres artistes ; comme l’ont fait Marguerite et Aimé Maeght à Paris, associé,es à Pierre Matisse à New York, pour Riopelle, ce, de ses débuts jusqu’à leur mort.

Nous en sommes réduit,es ici encore à ne vraiment célébrer que des artistes québécois qui ont dû s’expatrier pour se déployer ( David Altmejd ). Nous en sommes réduit,es encore ici à ne cautionner véritablement que les artistes ayant seuls obtenus par expatriation la sanction internationale. Nous en sommes encore, 65 ans après l’expatriation de Riopelle, au même point… incapables de faire se déployer ici au Québec un artiste de manière telle qu’il puisse exporter ses oeuvres partout dans le monde, comme l’ont fait, le font la France, l’Allemagne, l’Italie ; comme si 65 ans plus tard, la grande noirceur duplessiste n’avait pas fait place aux Lumières de la Révolution tranquille. Même Marc Séguin a dû s’expatrier à NY…

Comme s’il avait fallu attendre que Las Vegas célèbre Celine pour que nous lui accordions quelques valeur et intérêt. Or, quand on a compris le succès d’un certain Félix ( 1950 à 1953 ), expatrié à Paris en même temps que Riopelle ( 1949 à 1990 ) après la publication du Refus global ( 9 août 1948 ), nous avons fait en sorte que Félix Leclerc revienne – mais pas Riopelle – pour doper le développement d’un art propre de la chanson québécoise émanant du Peuple, surgissant de l’âme du Peuple Souverain du Québec, intimement soudée à son développement sociétal, culturel, artistique, économique et politique, un Peuple désormais et pour toujours, souverain culturellement et artistiquement… qui a su grâce à des élites conséquentes organiser l’édification d’un marché de la chanson française du Québec… sans cesse plus développé, performant, qui rompait avec l’expatriation forcée de nos artistes.

Depuis, de multiples générations d’artistes ont chaque fois légué aux suivantes, plus qu’elles n’avaient reçues des précédentes, de Lionel Daunais à La Bolduc, de Alys Robi à Lucille Dumont, de Jacques Normand à Félix Leclerc, de Pauline Julien à Gilles Vigneault, de Ferland à Charlebois/Forestier ( créant dans la foulée Yvon Deschamps et l’art du rire ), de Plamondon/Dufresne à Beau Dommage et Paul Piché, de Harmonium à Céline Dion et Roch Voisine, de Marjo aux Colocs, des Loco Locass à Pierre Lapointe, Ariane Moffatt, Yann Perreau et autres Karim Ouellet et j’en passe et des meilleur,es… Pareil pour la littérature, pareil pour les autres arts de la scène et des écrans, théâtre, musique classique et contemporaine, danse, télévision, cinéma, documentaires. Nos artistes ont pu exporter en lieu et place de s’expatrier, Michel Tremblay, Robert Lepage, Édouard Lock et autres Xavier Dolan, quand ce n’est pas Dany Laferrière qui porte l’épée à l’Académie française, parce que nous avons su rassembler les personnes et les ressources utiles pour développer un marché de l’art conséquent.

Pendant ce temps-là, Riopelle est resté à Paris, rien n’a été fait de conséquent pour qu’il soit intégré à ce grand bond en avant culturel et artistique québécois qui nous a fait passer en moins de 20 ans, du vide au plein… tout ce qui a été fait, et tout ce qui n’a pas été fait de comparable pour autres arts n’a été en mesure de développer un marché des arts et métiers d’arts visuels du Québec conséquent… capable de propulser nos artistes aux plus hauts sommets de l’art international, et ce n’est pas faute de produire un oeuvre en mesure de concurrencer celles des artistes internationaux.

Ce lamentable et coupable échec se prolonge aujourd’hui dans le navrant spectacle de la destruction d’oeuvres d’art, en toute suffisance et impunité. Le succès international de Riopelle, loin de nous inspirer quelque sursaut à l’époque, s’est abîmé dans son triste naufrage une fois de retour au Québec en 1990. Non seulement nos technocrates de l’art n’ont pas saisi l’occasion de son retour comme on se saisit d’un levier, on ne s’est pas contenté de ne pas l’aider, mais on a tenu à nuire à ses projets… on lui a refusé tout support quand il a voulu créer sa Fondation dans l’ancienne prison des Plaines… Les responsables du MNBAQMusée national des beaux-arts du Québec et au MCCQMinistère de la Culture et des Communications du Québec n’ont rien trouvé de mieux que de lui ravir l’espace pressenti pour agrandir son musée. ( Cf : Riopelle ou les obsèques nationales de la honte | Le Soleil | 2002 03 19 ). L’échec ne fait de perdurer sans espoir de renversement aucun.

Mais ça, ne faut pas le dire, ça nuit aux affaires des artistes et des galeries… ça dérange… ça effraie à la clientèle déjà dubitative…  Pendant ce temps-là, le MCC, les Conseils de la culture et le CALQ | Conseil des arts et des lettres du Québec, restent outrageusement silencieux devant le saccage…

Nous disposons de plusieurs facultés universitaires d’arts visuels… de luxueuses installations muséales, mais le seul débouché pour les artistes et historien,nes de l’art formé,es par les universités sont… l’enseignement et une job dans les musées ou les ministères… restent quelques rares 1% qui sont tout sauf de l’intégration de l’art à l’architecture… ( chacun son petit caca nerveux… dans un pot bien délimité, limité, aseptisé… )

Pourtant, comme disait Léo Ferré dans Préface à Poètes… vos papiers ( 1956 ) : « tout est prêt : les capitaux, la publicité, la clientèle, » les expertises, les talents, les oeuvres, les artistes, la formule, mais tout ça se trouve obstinément dispersé, isolé.

Ne reste qu’à rassembler les tous les éléments isolés de cette dispersion…  désespéramment pérenne. Si nous l’avons fait pour les arts de la scène, pour la littérature, pour les écrans télés, cinémas, voire aussi internautique, rien ne justifie qu’on se croit incapable de le faire aussi pour les arts et métiers d’arts visuels du Québec, sauf le fait de… s’en croire incapables, né,es pour un petit pain…

Qu’est-ce qu’on attend ?

Qu’est-ce qu’on attend pour faire se rencontrer, les arts et métiers d’arts visuels d’ici et… les autres arts… le Québec inc., nos développeur,euses et entrepreneur,es économiques et financiers se déployant ici et partout dans le monde… les élu,es… Le Peuple… pour faire intime et fertile synergie… sociétales, architecturale et urbanistique…

Luc Archambault

Artiste et citoyen

| luc-archambault.comluc-archambault.qc.ca | twitter |

 

Dossier de presse 1975/2014 | Album via google-picasa | Luc Archambault

i|film | Matières abstraites | Luc Archambault |
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CV-Parcours d’artiste | pdf google-docs | 1973-2013 | Mise à niveau 2015 @ venir |
42 ans de carrière cet automne 2015…

Prix Jean-Marie Gauvreau 2006 |

Lauréat de Québec | Le Soleil | 2007 01 14

Partenariats ART-Affaires | depuis 1982 |
Document de présentation (pdf | google-docs) )


Dossier sur une oeuvre incendiée

Dossier de presse |Divers sujets|Luc A.|
Textes d’opinion|1988-2015| Sommaire non-exhaustif|pdf|via google-docs

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Voir suivi éditorial | ici-bas

Lire le Communiqué du 2015 06 30 de Jean Pierre Raynaud | Wikipédia | via le RAAV |pdf via googledocs

Dialogue avec l'Histoire-

JdQ | 2015 07 07 | Démolition du «cube» :

«Qu’il se soigne», lance Labeaume à l’artiste français

Interrogé au sujet d’une récente sortie virulente de l’artiste qui a conçu le fameux «cube», le maire Labeaume a lancé un «qu’il se soigne» bien senti en direction de l’artiste français.

Un petit internement psychiatrique soviétique avec ça… !? L’ignoble attaque ad hominem du maire Labeaume contre la personne de Jean Pierre Raynaud est une honte qui achève de le disqualifier auprès non pas seulement de la communauté artistique mondiale, mais auprès de toute personne dotée du moindre respect pour le débat démocratique et du moindre respect pour les personnes qui y participent valablement…


Le Devoir | 2015 06 22 | Garnotte | Caricature

Dialogue-Palmyre

En commentaire de l’article… dans le forum du Devoir… 

Le Devoir | 2015 07 02 | CA-RAAV |

L’art public malmené au Québec: une honte nationale! | ici aussi |

On peut lire ce qui suit…

Alain Miville de Chêne – Abonné | 2 juillet 2015 14 h 03

Soyons légers…

Mes propos ne concernent que l’œuvre « Dialogue avec l’histoire ». Ne nous prenons pas au sérieux au point de faire une adéquation entre cette construction et le patrimoine mondial.

Premièrement, l’œuvre en question était une construction facilement reproduisible par n’importe quel homme de métier sachant manier le béton et les plaques fixées dessus. L’aspect créatif ou artistique se limite aux plans originaux. Elle n’avait aucune valeur provenant de sa difficulté ou sensibilité d’exécution.

Deuxièmement, l’artiste a été payé il y a bien longtemps. On ne lui doit absolument rien, surtout pas un respect éternel dû à sa paternité de l’œuvre. Il ne peut pas avoir l’œuvre et l’argent de l’œuvre. Lorsque l’on crée, on doit savoir lâcher prise et passer à autre chose.

Troisièmement, le public en général, celui pour lequel l’œuvre est destinée, l’ont détestée depuis le tout début. La seuls qui critiquent cette destruction sont des groupes d’artistes qui savent, évidemment, mieux que nous ce qui est bon pour nous et voudraient nous l’imposer.Finalement, rappelons-nous que l’artiste a déjà démoli à la masse sa propre maison dont l’intérieur était presque complètement recouverte de tuiles blanches. Il disait « selon moi, le présent est une remise en cause permanente que l’artiste s’autorise, pouvant aller jusqu’à la destruction de son travail ». Alors soyons légers, permettons-nous d’imiter le maître. Si la photo de cette destruction est une œuvre vendue en galerie, peut-être que la photo de la destruction de « Dialogue avec l’histoire » mérite aussi d’être exposée comme œuvre du Maire Labeaume.

Ce à quoi je réponds ( éventuellement publié par le,la modérateur,trice du Devoir )

Il existe une telle chose que les droits moraux des artistes quant à leur oeuvre… Cela existe partout dans tous les pays civilisés… prétendre que sous prétexte de paiement le lâcher prise est de mise pour l’artiste se trouve à se tenir hors du monde civilisé.

Que l’artiste « s’autorise » une destruction participe de son oeuvre. Quand il ne l’autorise pas, c’est autre chose qui n’a rien à voir avec l’oeuvre civilisatrice. C’est un autodafé, rien d’autre.

L’imitation n’est pas légère… elle est grave…

Le Dialogue avec l’Histoire était certes sujet de discussion… de dialogue… justement. Il est faux de prétendre que « Nous » la détestions. Qui « Nous » d’abord ? À quel « Nous » serait imposé l’oeuvre ? Quel référendum précédé de quel débat référendaire s’est tenu pour en convenir ? Qui savait que l’oeuvre était intitulée « Dialogue avec l’Hitoire » ? Vous peut-être, mais pas moi… Ce qui change tout du rapport entre l’oeuvre, froide, rectiligne, et l’environnement courbe et chaud des nos héritages bâtis récemment restaurés. Ce qui pose la question d’une modernité sans chaleur, cubique, faites de petites cases dans lesquelles il nous faudrait vivre… Tout sauf l’apologie de telle privation sensorielle, si tant était qu’il soit question de ça…

On ne cesse célébrer l’altérité… qu’en est-il d’elle quand on est incapable de la supporter au point de célébrer sa destruction ? Faudrait savoir…

La démocratie !? Alors… qu’elle se déploie comme il se doit, référendum à la clé, non pas valider le fait que quelqu’autorité arbitraire nous impose son choix de détruire ce que la rumeur abhorre…

On peut lire aussi ce qui suit…

J-F Garneau – Abonné | 2 juillet 2015 13 h 37

Verre à moitié vide

Je déplore le titre de ce billet. « L’art public MALMENE au Québec. Une HONTE NATIONALE. »

L’exagération verbale afin de faire passer son point de vue. L’hyperbole en guise d’argument.

Les circonstances autour de Daudelin à Montréal et Raynaud à Québec sont très différentes. Si l’on peut critiquer ces deux décisions (le dialogue étant encore possible pour l’Agora) c’est dommage de jeter le bébé avec l’eau du bain.

D’une part il y a une différence fondamentale entre l’iconoclasme rampant et certaines décision peu éclairées. Mais on peut aussi s’interroger sur cette « intouchabilité » de l’art, même lorsqu’il est une agression dans l’espace public, mais c’est un autre débat. Ce que je veux simplement rappeler, nonobstant le titre enflammé du billet ci-haut, c’est que le Québec a fait figure de pionnier en 1961, il y près de 55 ans, en adoptant la mesure gouvernementale consistant à allouer 1% du budget de construction d’un bâtiment public, à la réalisation d’œuvres d’art précisément conçues pour ceux-ci. 3000 oeuvres en 54 ans, 800 artistes, $100M d’investi dans l’art public.

Jordi Bonnet au Grand Théâtre, Claude Vermette, Marcelle Ferron, Claude Théberge, Micheline Beauchemin, Daudelin au Palais des Congrès, et 794 autres artistes ont contribué positivement à l’art public depuis, et à cause de, la révolution tranquille. Cet art continue d’embellir nos métros, nos théatres, nos écoles, nos places publiques, nos bâtiments administratifs. Ce n’est pas rien.

Certes, il faut s’interroger sur les motifs et le processus décisionnel dans les cas de Raynaud et Daudelin. Mais de là à décréter une « honte nationale », cela m’apparait peu utile au débat de voir le verre à moitié vide.

Ce à quoi je réponds ( éventuellement publié par le,la modérateur,trice du Devoir )

Voir le verre à moitié plein ne change rien si l’on carbure à l’auto-satisfaction béate. Le fait qu’existe encore 3000 oeuvres d’art public ne change rien à l’odieux d’en détruire deux, de manière parfaitement injustifiable et injustifiée. Reste que la honte est sur nous donc.

La moitié du verre est vide, la moitié pleine n’y change rien…

Nous n’avons pas su faire en matière d’arts et de métiers d’arts visuels ce que nous avons su faire en matière de littérature, des arts de la scène, du disque, des écrans télés, cinémas et internautiques ; à savoir, créé ex nihilo des marchés de l’art conséquents capables de propulser nos artistes sur les marchés de l’art internationaux. Aucun artiste québécois en arts et métiers d’arts visuels n’a pu le faire du Québec. Riopelle s’est expatrié il y a 65 ans… et… Michel Séguin comme David Altmejd se sont pareillement expatriés. Aucun autre que Riopelle, un artiste français au sens du marché, n’a pu être admis dans les grandes maisons de ventes internationales comme Christie’s et Sotheby’s, alors que, toutes choses égales par ailleurs, Robert Lepage, Michel Tremblay, et autres Xavier Dolan triomphent dans le monde, alors que Dany Laferrière endosse l’habit vert de l’Académie française.

Le 1% n’a jamais permis encore d’intégrer l’art à l’architecture comme il se doit, sauf peut-être au Grand théâtre de Qc ; et encore… il aurait fallu que l’art de Jordi se déploie aussi de l’autre côté du mur en lieu et place de le confiner à l’intérieur du Temple ; pour que l’art québécois, tel celui des bâtisseurs de gothiques flamboyantes cathédrales, se trouve dans la rue, pour que Le Peuple ait accès à l’art d’emblée, mine de rien… ce qui crée un vrai Dialogue avec l’art… intégré à la vie de la Cité et de son architecture. En lieu et place, quelques 2999 bibelots perdus dans une architecture créée à part… sans intégrer l’art à la vie de la Cité… Qu’on en détruise d’aucuns, coule de source… et ce ne serait pas une honte !? Vraiment !?

 

DOCUMENTATION

Jean Pierre Raynaud, créateur du fameux «cube», était visiblement sonné par les propos du maire de Québec.

JdQ | 2015 07 07 |
Démolition du «cube» : «Qu’il se soigne», lance Labeaume à l’artiste français

Le Devoir | 2015 07 06 |
Square Viger – Coderre confirme qu’«Agora» sera détruite |

Le Devoir 2015 07 03 | Les grands musées au secours d’«Agora»

Destruction-Dialogue
Le Soleil | 2015 06 23 | Valérie Gaudreau |
L’oeuvre Dialogue avec l’Histoire
ne serait pas reconstruite

Régis Labeaume a affirmé qu’il serait «surpris» que l’oeuvre Dialogue avec l’Histoire soit reconstruite.

Le Soleil | 2015 06 20 | François Bourque | La chute d’une mal-aimée

JdQ-Claude Villeneuve

 

Journal de Québec | 2015 06 20 | Claude Villeneuve  | Bulldozer le passé

Le Devoir | 2015 06 20 | David Desjardins | Tous mongols

ICI-RC | 2015 06 18 |
Un artiste de Québec dénonce la démolition de Dialogue avec l’histoire

RCI | 2015 06 17 | Maryse Jobin |
Québec : Dialogue avec l’histoire de Jean-Pierre Raynaud démolie

Le Soleil | 2015 06 17 | Patricia Cloutier |
L’oeuvre Dialogue avec l’histoire démolie en quelques heures

Le Soleil | 2015 06 16 | Ian Bussières |
L’auteur du «cube blanc» menace de poursuivre la Ville

Le Soleil | 2015 06 15 | Ian Bussières |
Place de Paris: le «Colosse de Québec» démantelé |

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À propos de Luc Archambault

Artiste et citoyen

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