La victoire d’Hillary Clinton contre la droite matamore sexiste patriarcaliste

11 novembre 2016

DÉMOCRATIE 101, DÉMOCRATIE 102

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Le Devoir | 2016 11 11 | Christian Rioux | Le Brexit bis

La victoire d’Hillary Clinton en terme de voix montre que tout ce qui est invoqué pour analyser sa « défaite » est nul et non avenu. En conséquence, le vote des grands électeurs du Collège électoral du 9 décembre prochain doit refléter ce vote et élire à la présidence des États-Unis nulle autre qu’Hillary Clinton, ainsi le vote démocratique du Peuple Souverain des États-Unis sera respecté, à défaut, il ne le sera pas.

0-ÉU-3-Résultats élections 2016 États-Unis

 

 

Ce qu’il faut dire donc du résultat de l’élection du 8 novembre 2016 aux États-Unis, c’est que le machisme sexiste patriarcaliste débilitant n’est pas parvenu à battre une femme candidate à la plus haute fonction de l’État. Le plafond de verre a été brisé. C’est donc la victoire du féminhumanisme, cet humanisme millénaire tel que transformé par le féminisme, celui-là même qui s’est trop longtemps et doctement demandé si la femme était bel et bien dotée de raison et d’intelligence, voire, d’une âme.

La gauche démocratique donc, est parvenue à triompher de la droite matamore absolutiste et patriarcaliste.

Mais puisque le système ne tient pas compte de cette victoire, ne reste plus au Peuple des États-Unis d’Amérique du Nord qu’à reconstituer l’État des États-Unis en fonction de ce qu’engage la démocratie et le respect à l’avenant de la souveraineté du peuple ; et donc aussi ce qu’engage le respect du résultat du suffrage universel du Peuple se prononçant pour élire la personne devant occuper la présidence de l’État du Peuple des États-Unis. Pour l’heure, la présidence des États-Unis est abusivement soumise à la volonté des États des États-Unis, par le truchement d’une parade qui n’a rien de démocratique ( le Collège électoral des États ), non pas soumise à celle du Peuple vivant dans ces États des États-Unis d’Amérique du Nord.

Vous me direz que la victoire factice de Trump ne fait qu’accélérer un mouvement de fond qui tôt ou tard aurait mis au pouvoir « la même colère et la même révolte populaires qui se sont exprimées dans les urnes » lors du Brexit ; « lent déplacement des plaques tectoniques » oblige. Pour ça faut être prophète ou carburer à la consommation de potion magique autour d’une boule de cristal.

Autrement, si le système respectait le vote populaire, on ne pourrait pas dire ce que vous dites du « résultat » des élections aux États-Unis ; on ne pourrait que constater que la colère et la révolte du Peuple n’a pu élire son soi-disant porte-parole.

Donald Trump a lui-même déjà qualifié ce système de désastre…

« Le collège électoral est un désastre », écrivait-il sur Twitter le 7 novembre 2012 au moment où Mitt Romney devançait encore Barack Obama dans le vote populaire.

La Presse | 2016 11 14 | Élection de Trump: la colère d’un grand électeur

Si le système faisant en sorte de respecter le vote démocratique, la force du vote de protestation contre une « mondialisation sauvage » se serait heurté à l’élection d’une Hillary Clinton sommée de rectifier le tir de par la force du vote de protestation, et ce, pour contrer la droite ploutocratique qui l’a implantée cette « mondialisation sauvage », celle-là même qui paradoxalement prétend la rejeter… Le monde à l’envers… et c’est là la force de la droite matamore contemporaine : savoir s’adapter pour manipuler l’opinion publique afin de lui faire prendre des vessies pour des lanternes…

Qu’adviendra-t-il après le drame et la farce ?

Nous vivons une époque charnière inédite dans l’Histoire culturelle de l’Humanité. Après 10k ans de culture sapienne patriarcaliste autocratique, survenue après 190k ans de culture sapienne égalitariste, ce n’est pas en moins de 200 ans qu’on pourra en finir avec elle.

Après ± 200 ans d’avancés démocratiques égalitaristes féminhumanistes ( l’humanisme sexiste tel que transformé par le féminisme égalitariste ), un retour de vague de la droite patriarcaliste théo-auto-cratique sexiste inégalitariste est parvenu tsunamiser l’espace public culturel et politique sapiens qui lui a permis de se reconstituer une fierté après avoir subi la honte des affres de la guerre du Vietnam et celle des ratées d’une décolonisation anti-impérialiste de surface, au point de submerger de manière souterraine d’abord, et en surface ensuite, la bien bien-pensance démocratique trop irresponsable, corrompue et désorganisée pour prendre les moyens nécessaires seuls capables de contrer les forces du 1% qui contrôlent le complexe militaro-techno-banco-fossilo-chimico-pharmaco-médico-industriel qui lui-même contrôle le monde financier et économique grâce aux échappatoires des paradis fiscaux qui affaiblissent les États soi-disant démocratiques, mais complices de telle mainmise ploutocrate.

Mais il lui en a fallu du temps à cette droite décomplexée depuis la révolution culturelle des années soixante pour y parvenir. Il lui a fallu comprendre que la démocratie était le standard obligé et qu’il fallait cesser de tenter de la contrer comme les monarchies millénaires ont tenté de le faire si longtemps ; il fallait plutôt la dévoyer, la corrompre, la manipuler, via la fabrication médiatique du consentement des élites, comme l’a brillamment documenté Noam Chomsky. Maintenant c’est chose faite, l’essentiel des médias de masse sont contrôlés par le grand capital apatride et multinationalisé du 1% qui n’a plus qu’à appliquer sa recette matamore… et appeler un chat un chien… la magie fonctionne.

Mais cela ne va pas sans mal. Malgré tout, la démocratie est en marche, le patriarcalisme sexiste débilitant vacille… Normal, il ne peut plus disposer de son socle constituant antique qui a permis de cimenter depuis 10k ans les pierres d’un édifice culturel théologique, politique, économique et sociétal seul en mesure de démontrer que chaque mâle est bel et bien le co-géniteur de tels enfants né,es de telle femme, ce socle qui rend nécessaire les institutions patriarcalistes, religion, mariage, suprématie mâle.

Tout cet édifice culturel structurant n’a plus sa raison d’être en vertu de la science et de l’Arbre de la Connaissance sapienne moderne qu’a paradoxalement produit ce modus operandi culturel : les tests d’ADN permettent de le faire sans avoir à cloîtrer les femmes, sans avoir à adorer une force suprême divine devant s’imposer à tous et à toutes pour obliger les femmes et les hommes à se soumettre à un mode opératoire sociétal dominé par le masculin devant toujours l’emporter sur le féminin, comme dans la grammaire française.

Tôt ou tard donc, cet édifice patriarcaliste en train de s’effondrer, s’effondrera définitivement.

Ce à quoi l’on assiste en cette époque culturelle sapienne charnière, et partant considérablement troublée et mouvante, c’est au baroud d’honneur désespéré et désespérant des tenants d’un dispositif culturel qui n’a plus de raison d’être. D’où cette désespérance matamore, aveuglée par la douleur de perdre ses ancrages essentiels à sa perpétuation dans l’Histoire sapienne. ( Cf : Le giga-bang culturel sapiens ou le choc sexuel géniteur de l’idée de Dieu ). On est loin de la fin de l’Histoire…

Mais ce n’est pas demain la veille que 10k ans de culture sapienne patriarcaliste sexiste et autocratique pourront s’absoudre dans une culture radicalement et effectivement démocratique et égalitariste ; oeco-responsable et garante de la bio-diversité, de la diversité culturelle et raciale de l’Humanité. Cela dit, plus vite les démocrates feront l’union de leurs forces en cessant de valider un système économique autocratique débilitant, plus vite la transition pourra s’opérer dans les nations les plus farouchement anti-impérialistes. Ce qui mettra beaucoup plus de temps dans les nations qui espèrent encore tabler sur lui.

Occupy NY, Nuit debout et autres flammes fugaces démocratiques anti-capitalistes annoncent un renversement paradigmatique sans précédent, capable de mâter à terme le retour de vague de la droite patriarcaliste sexiste. La droite devra se réinventer ou disparaître…

 

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Le Devoir | 2016 11 11 | Christian Rioux | Le Brexit bis

Le Brexit bis

11 novembre 2016 | Christian Rioux |

C’est Marx qui disait que, lorsque l’Histoire bégaie, elle produit d’abord une « tragédie » et ensuite une « farce ». Est-ce parce que j’avais vécu de près le Brexit que je n’ai pas été surpris outre mesure par l’élection de Donald Trump ? À moins de six mois d’intervalle, l’élection américaine nous aura donné l’impression étrange de revivre la même séquence historique. Dans la nuit du 23 juin et celle du 8 novembre, on retrouve en effet les mêmes ingrédients de base.

Cinq mois plus tard, des quais de la Tamise aux rives de l’Hudson, ce sont la même colère et la même révolte populaires qui se sont exprimées dans les urnes. Ce sont pratiquement les mêmes couches paupérisées et déclassées qui ont fait irruption avec presque les mêmes mots, les mêmes débordements et les mêmes exubérances. Mais, le plus sidérant, c’est surtout de retrouver, à gauche et dans les médias, exactement le même aveuglement et la même cécité face à ce lent déplacement de plaques tectoniques, qui vient pourtant de provoquer une seconde éruption volcanique en moins de six mois.

Quarante-huit heures avant le vote, il régnait à Washington la même assurance tranquille qu’à Londres en juin dernier. Bien sûr, on avait eu quelques sueurs froides durant cette campagne. Mais tout allait finalement rentrer dans l’ordre. Le peuple allait revenir à la raison, rentrer au bercail. Une fois les poursuites du FBI mises de côté, presque tous les sondages prévoyaient l’élection d’Hillary Clinton. Exactement comme ceux de Londres prévoyaient la reconduction du statu quo européen. À Wall Street, on sentait la même assurance béate que dans la City. Le chantage au cataclysme économique avait porté ses fruits. Trump et le Brexit n’étaient plus que de mauvais souvenirs. Le long fleuve tranquille reprendrait enfin son cours.

Ceux qui tentent de faire de l’élection de mardi dernier une simple affaire de racisme et de misogynie se trompent royalement. Donald Trump a tout de même été élu avec le vote de 40 % des femmes et de plus du tiers des Latinos. S’il fallait en croire certains de nos analystes les moins subtils, l’Amérique serait même aujourd’hui dirigée par un « fasciste ». De grâce, revenons sur terre.

Bien sûr qu’il y a eu des déclarations misogynes et xénophobes. Bien sûr que les outrances de Donald Trump dépassent celles de Nigel Farage. Mais, au-delà d’une véritable révolte contre la rectitude politique (qui accable les États-Unis plus que n’importe quel autre pays), ces excès n’expriment que la surface des choses et non pas le fond. Quel est-il, ce fond ? C’est la vérité toute simple que, après des années de mondialisation prétendument heureuse, nous découvrons soudainement que celle-ci fut beaucoup plus sauvage qu’on ne le croyait et qu’elle a fait des perdants. Et pas qu’un peu. Des perdants que personne ne voulait voir, tant nous obnubilaient le miracle technologique, les « bienfaits de l’immigration », la société du spectacle et autres ubérisations du monde.

* * *

Aujourd’hui, le réel reprend ses droits. Or quel est-il, ce réel ? Pendant que les bourgeois bohèmes des grandes villes, avec leurs écoles privées ou internationales, leurs nounous africaines et leurs gardiens d’immeuble marocains, se félicitaient de la « diversité » du monde, des restaurants ethniques, de leur dernier voyage à Marrakech et de leur nouveau gadget électronique fabriqué à Taïwan, la vieille classe moyenne, celle des anciens quartiers industriels dévastés et des banlieues décrépites où les écoles sont peuplées à 70 % d’immigrants, a crié son ras-le-bol. Ces « ploucs » ont décidé de mettre le poing sur la table, fatigués qu’ils étaient de se faire faire la morale par une gauche hors sol qui « considère le droit à des toilettes transgenres comme la grande cause morale de notre époque », disait, en mai dernier, le politologue américain Walter Russel Mead. C’est le « consensus boomer » des 30 dernières années qui est remis en cause, écrit-il. Et, comme chaque fois que l’Histoire fait irruption sans prévenir, ce n’est pas beau, propre et poli. C’est même affreux, sale et méchant.

L’échec d’Hillary Clinton n’est pas celui d’une femme, mais d’une gauche qui a troqué le peuple contre le clientélisme multiculturel. Un peuple qu’elle regarde de haut et qu’elle range dans « le panier des pitoyables », pour reprendre les mots exacts de la candidate. Or on ne troque pas l’AFL-CIO contre les LGBT sans conséquences. L’addition des immigrants, des homosexuels, des musulmans, des noirs, des femmes et des queers ne fait pas un peuple. Cela fabrique plutôt des ghettos !

Cette élection nous aura permis de découvrir une Amérique plus que jamais communautarisée et fractionnée en blocs ethniques, une Amérique cadenassée par la rectitude politique et aujourd’hui gouvernée par un démagogue. Et dire que c’est ce pays que l’on impose comme idéal au monde entier !

En France, aujourd’hui, tous les regards se tournent évidemment vers la présidente du Front national, Marine Le Pen. Et cela, même si elle demeure un modèle d’élégance à côté de son vis-à-vis américain. Et chacun de se demander ce qu’il peut bien y avoir après le « drame » et la « farce ». Cela, Marx ne pouvait même pas l’imaginer…

Luc A.

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Artiste et citoyen

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