Port de Québec | Non à l’industrialisation massive du panorama de Québec

Québec-Juin2009

Photo Martin St-Amant | juin 2009 | Wikipédia

Non à l’industrialisation massive du panorama de Québec

Le maire de Québec, monsieur Régis Labeaume, a tort de ne pas voir l’allongement massif du quai du Port de Québec dans le projet Beauport 2020 comme une atteinte majeure au patrimoine de Québec, notre capitale nationale et à son économie. Le maire Labeaume a-t-il déjà pris conscience de la majesté et de la prestance naturelle du Cap-Diamant comme l’ont fait des milliers de voyageurs depuis 400 ans en arrivant à la pointe de Sainte-Pétronille de l’île d’Orléans ce qui explique en bonne part pourquoi Québec a été choisie par Champlain comme berceau du pays puis classée Site du patrimoine mondial par l’Unesco en 1985. Le maire Labeaume a-t-il déjà lu tous ces témoignages de célébrités qui depuis 150 ans ont craqué en arrivant dans le bassin de la cité de Champlain et livré des textes émouvants célébrant les charmes incomparables de cette acropole dominant majestueusement un rétrécissement des eaux du Saint-Laurent. Le maire Labeaume a-t-il déjà contemplé la monumentalité naturelle de sa ville à partir de la Côte-de-la-Miche à Saint-Joachin ou du littoral de Lévis en face, comme l’ont traduit des centaines d’artistes-peintres et de photographes dans des œuvres picturales impressionnantes conservées dans nos musées. En donnant carte blanche à son bon ami Mario Girard, l’actuel directeur-général du Port de Québec, le maire Labeaume sacrifie sur l’autel d’un développement insensé et froid, une part importante de l’âme naturelle et historique de Québec, l’éternelle.

Tout le monde sait que lorsqu’on érige une tour mécanique de 29 étages en béton dans le voisinage immédiat d’un monument national de 5 étages en pierre de style Second-Empire, on vient d’écraser la monumentalité expressive du monument. C’est pourtant ce que l’on a fait, à la fin des années 60, en laissant construire le complexe G (édifice Marie — Guyard) tout à côté du Parlement. Urbanistes (Jean Cimon) et architectes (Édouard Fiset) progressistes du temps soutenaient qu’un 4 étages serait le maximum admissible. Depuis ce temps, on s’affaire par tous les moyens naturels à faire oublier une telle erreur d’aménagement urbain inscrite dans la bétonite réductrice d’un maire et de toute une société.

Tout le monde sait que lorsqu’on plante une grosse bâtisse tout près d’un fragile monument historique, on tue l’essence même de l’ensemble en envahissant l’aire de protection qui le met en relief. C’est ce que le nouveau propriétaire du Moulin de Beaumont a osé faire en érigeant une salle commerciale tout à côté de ce bien historique unique chevauchant la rivière Mailloux qui coule entre ses fondations et dévale la falaise dans une chute impressionnante en face de Saint-Laurent de l’île d’Orléans. Une pure merveille, que le Conseil municipal et le ministère de la Culture auraient dû protéger. Tous auraient eu avantage à visiter les Cotwolds en Angleterre pour apprendre comment là-bas on gère avec sensibilité son patrimoine rural à la gloire du pays.

Tout le monde comprend que lorsqu’on érige un bâtiment au milieu d’un ensemble architectural institutionnel, on bloque l’expression d’autorité de chaque composante de cet ensemble. À Lévis, à la fin des années 60, on a laissé construire une résidence sociale banale dans les anciens jardins du curé de Notre-Dame. Ces jardins étaient entourés de l’impressionnant Collège de Lévis (1853), du premier hôtel-Dieu (1892), de la chapelle du collège (1891) et de la fabuleuse église néoclassique consacrée à Notre-Dame-de-la-Victoire (1851), la victoire de Sainte-Foy, toutes des œuvres majestueuses en pierre. On a ainsi obstrué la plus émouvante place architecturale de la ville du curé Déziel, un grand patriote, et annulé la prestance et le discours d’autorité de cet ensemble. Cette atteinte au noyau institutionnel des paroisses par des nuisances architecturales agressives modernes demeure malheureusement une constante sur le territoire national et dénote un manque de culture obnubilée par une densification mal comprise, une maladie qui caractérise plusieurs maires de municipalité incluant celui de la capitale.

Tout le monde comprend qu’on peut tuer la monumentalité d’une œuvre ou d’un site naturel émouvant par des aménagements incongrus. Le projet Beauport 2020 du Port de Québec minera à tout jamais la valeur patrimoniale de Québec. Cet agrandissement aveugle est mené tambour battant par des cabinets de stratégie-marketing qui biaisent toutes les données pour vendre le projet à la population. Tous les chiffres concernant la création d’emplois sont gonflés comme on l’a démontré éloquemment. La manipulation de substances polluantes (poussières), toxiques et explosives dans le voisinage d’un quartier traversé par un rail industriel est inacceptable. Et il faut enfourcher la manipulation la plus honteuse pour laisser croire qu’on pourra faire de la planche à voile, du nautisme et de la plage en famille tout à côté de silos blancs de 17 étages de hauteur et d’une zone de transbordement maritime de vrac solide et liquide à quelques encablures de l’espace ludique de la plage de Beauport. Deux ministres fédéraux viennent de jouer les facteurs de la Reine en livrant un gros chèque à cette famiglia menaçante, des missi dominici qui ne connaissent rien de la valeur et de la beauté émouvante du cap et du bassin de Québec si souvent célébrées. Le projet du Port, un port de transit irrespectueux des citoyens et du gouvernement du Québec, un port qui ne profite qu’à une poignée et sert l’étranger, éventuellement les pétrolières avec un projet de duc d’Albe, ce projet doit être refusé. Malgré un discours racoleur, il ne favorise pas l’économie de Québec fondée historiquement sur ses aménités naturelles et culturelles. Les urbanistes, les architectes, les savants de l’Université Laval en matière de patrimoine et de développement durable harmonieux doivent sortir de leur mutisme. Et la presse doit ouvrir les yeux aux citoyens vigilants en les écoutant face à une terrible machine de manipulation. Ces temps-ci, on joue la distraction en annonçant que l’été prochain, les croisiéristes vont abonder, sans doute pas pour visiter une cour de quincaillerie dans la carte postale souillée.

Michel Lessard, Ph. D., historien, ( Wikipédia )

Professeur titulaire retraité en Histoire de l’art,

Université du Québec à Montréal.

Lévis.

__________________________________________

DOCUMENTATION

__________________________________________

Lévis 2017 01 08

Le Soleil | 2017 01 08 | Jean Lacoursière | Beauport 2020 : petites omissions

VQ-Port-quebec

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Cher Jean Lacoursière,

Je vous félicite pour votre Point de vue sur Beauport 2020 exprimé dans Le Soleil du matin. Votre analyse fort bien documentée démasque l’actuel directeur général du Port de Québec dans son projet totalement farfelu d’agrandissement insensé  des quais dans le secteur de Beauport. Le Pdg  Girard, depuis le début de son mandat, manipule les chiffres sur la création d’emplois, sur les nécessaires besoins d’extension  des quais et le manque d’espace. Dans ce dernier cas, la preuve en est que le Port est incapable de dire actuellement  quelles entreprises occuperont ces nouveaux quais et qu’une firme de communication ratisse l’international pour dénicher de nouveaux clients.

Québec entretient un port de transit qui sert l’étranger à notre détriment. Le Port  est mené par une poignée d’utilisateurs qui monopolisent de précieux terrains sur le littoral à leur profit personnel, des entreprises d’arrimages, de débardeurs qui parasitent les quais. C’est cette famiglia qui tient l’actuel directeur général en place et qui exige être servie par cette institution canadian cavalière. Les Québécois ne sont pas maîtres de la dimension économique du Saint-Laurent, de ses littoraux, même dans leur capitale nationale. La Couronne canadian de la Reine du Canada s’arroge unilatéralement tous les pouvoirs, même celui de polluer l’environnement sans égard aux victimes comme viennent de le confirmer les tribunaux du Pouvoir  suite à une contestation du gouvernement du Québec. En fait, nous  vivons avec la dimension économique maritime ce que nous subissons avec des lois et des pouvoirs outrageants d’Ottawa en matière aérienne tel que le dénoncent les villes de Neuville, de Lévis et d’autres régions du Québec avec des projets inacceptables d’aéroport tout près des habitations.  Même abus de pouvoir avec l’oléoduc Énergie Est, tous des héritages de la Conquête armée de 1759 et de la soi-disant Confédération de 1867 dont les Anglais et leurs serviteurs administratifs s’apprêtent à célébrer les 150 ans à notre barbe cette année sans jamais avoir ni sollicité ni obtenu le clair OUI référendaire des Québécois,es pour les Actes constituants de cet État illégitime du Canada qui s’applique au Québec d’autorité impériale par-dessus la tête constituante référendaire des Québécois,es depuis la Conquête, 258 ans le 13 septembre prochain.

La nomination de Mario Girard à la tête du Port de Québec en 2010 a suscité des remous. Aucune expérience maritime, aucun diplôme universitaire, un curriculum vitae arrangé comme on dit, celui qui aujourd’hui touche un salaire équivalent ou presque à celui du président des États-Unis,  aime bien se servir des agences de stratégie marketing pour mousser  ses propositions auprès de la population, principalement de la classe politique et de la classe d’affaires. Venu des communications, il sait bien emballer  ses projets de développements avec des moyens techniques de promotion ultra racoleurs et biaisés. Le bluff érigé en œuvre d’art et en pays des merveilles!!! De faire voisiner une plage  d’activités  ludiques familiales avec un terminal de vrac solide exigeant la construction de silos  blancs de 17 étages de hauteur -la hauteur du Château Frontenac-  et de réservoirs de vrac liquide toxiques et explosifs , tient du délire de grossir. Il est inconcevable que le maire de Québec Régis Labeaume ait donné carte blanche à son vieil ami Girard  dans ce projet insensé. Le maire devrait être remercié pour un tel appui indigne de son mandat!

Le cap de Québec offre un panorama unique au monde. Cette topographie historique enracinée fait la fierté du pays québécois et attire chaque année des millions de visiteurs. La force séculaire de Québec demeure ce mariage harmonieux entre le vert et le bleu, l’histoire et la modernité. Mais ce monument naturel qu’est le cap Diamant reste fragile. Un développement industriel titanesque du côté est du littoral avec des installations voyantes, voire écrasantes, avec ces entrepôts et ces réservoirs, cette fourmilière de grues géantes, sont en train de tuer le charme reconnu  de notre capitale, d’ annuler sa majesté tant de fois poétisée au 19e siècle par de célèbres personnalités en visite. Venise regrette amèrement aujourd’hui le  développement du port de Marghera à Mestre depuis 1945. On ne place pas un éléphant industriel dans le voisinage d’un milieu de croisiéristes venu rencontrer un panorama historique émouvant..

Le Port de Québec est relié par une seule voie de chemin de fer, une aberration. Les wagons de vrac liquide dangereux traversent des quartiers urbains habités de familles. L’entreposage de vrac solide viendra augmenter la circulation des trains et du camionnage  dans un  secteur fourni  en institutions scolaires de plusieurs niveaux. Concernant la dispersion de poussières dans les quartiers périphériques du Port, rien n’est réglé et la possibilité de créer un milieu humain totalement sain semble une vue de l’esprit aux dires mêmes  des gestionnaires du Port. Pollution de l’air, pollution par le bruit, pollution lumineuse, pollution visuelle, pollution des eaux,  dangerosité… Québec la belle  ne peut devenir  une plaque tournante pour du minerai, du pétrole et des substances polluantes. D’autres lieux seraient plus propices à ce genre de manipulation. On refuse de voir et  préfère donner raison à un entêtement.

Depuis son entrée en exercice en 2010 ,  le président Girard a saccagé la zone portuaire des Foulons. Démolition de la gare maritime Champlain de style international, construction en catimini de deux silos géants de granules de bois pour une compagnie californienne qui achète sa ressource en Ontario et l’achemine par train sur notre littoral  (trois emplois) puis vers l’Angleterre. En deux ans, cette compagnie de dockers a reçu quatre cargos, je répète quatre cargos. Le panorama de Sillery à partir du fleuve et de Lévis est totalement gâché. Ce site historique majeur  classé  jadis  par le fédéral où débarquèrent les Anglais a été volontairement purgé de notre mémoire, pour nous faire oublier l’invasion barbare. Une partie substantielle du  bourg de Notre-Dame-de-la-Garde, la patronne séculaire des marins et son église sont engloutis  dans le fatras industriel du Port. Il faut montrer des images de cette cour de quincaillerie inacceptable et indigne  à l’entrée royale de la capitale où on investit des centaines de millions de dollars pour aménager une émouvante promenade en hommage au fondateur du pays, Samuel de Champlain. Alors que la Ville de Lévis poursuit  de grands efforts pour redonner le fleuve aux citoyens et offrir un panorama unique sur la capitale et ses falaises, Québec, à partir du Foulon, traite son littoral en dépotoir. Personne ne s’occupe de la dimension esthétique des berges dans le Port de Québec ni  au Service d’urbanisme de la ville.

Pour atteindre ses élans d’embonpoint, le directeur du Port doit faire appel à un Conseil d’administration soumis, idéalement incompétent en matière de commerce maritime et de développement urbain. La présence de femmes comme images corporatives adoucit efficacement  les pilules prescrites par ce monde totalement  masculin de manipulateurs sans culture. Le président Girard a favorisé l’émergence à Québec  de l’Alliance verte pour promouvoir la qualité de l’environnement et le développement durable  dans les activités maritimes portuaires nord-américaines. Celui-ci  s’est,  bien sûr, vu décerner le premier certificat honorifique de l’organisme  l’été dernier, au premier congrès tenu à Québec .  Le directeur de ce programme patenté   a à son tour été immédiatement    officiellement reconnu par ses pairs industriels   pour son sens de l’organisation… Les promoteurs aiment bien créer des organismes bidons qui viennent contredire ou éteindre  le discours des écologistes et des scientifiques en semant  un doute parmi  la population, pour mieux servir leurs intérêts tordus . Une façon également de montrer sa virginité et sa bonne volonté.

Mon cher Jean Lacoursière, vous avez bien attaché le grelot de cette grande manipulation du système conduite par des agences de stratégie marketing et des commandes de rapports complaisants  élaborés pour d’abord vendre l’invendable.

Michel Lessard, historien,

À propos de Luc Archambault

Artiste et citoyen

Voir tous les articles de Luc Archambault

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

#MaTouraine-Monts2015 |
Ensemble pour le bocage may... |
GAUCHE CITOYENNE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Droits humains pour tou-te-s !
| LADUCHE/LAFFITTE-LEFEBVRE: ...
| Pour une Moselle solidaire