De l’espace démocratique délibératif 2.0 et du blocage par des journalistes dans Twitter

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Le CdPQ décide en 2e instance de valider la décision de première instance qui refusait d’encadrer le recours au blocage dans Twitter de la part des journalistes.

Voici ici-bas nom commentaire si la décision avait été contraire.

Le CdPQ décide d’encadrer le recours au blocage dans Twitter exercé par les journalistes

par Luc Archambault, Québec | artiste et citoyen | auteur du cybercarnet DÉMOCRATIE 101

Le CdPQ | Conseil de presse du Québec dans une décision de première instance donnait raison aux journalistes usant sans appel de leur droit de bloquer des abonné,es. Le blocage par des journalistes dans leurs comptes Twitter sera désormais encadré par le CdPQ et sujet au jugement des pairs soumis à la déontologie journalistique modifiée à l’avenir en conséquence de l’ère numérique ; le recours au blocage ne sera plus totalement, absolument, unilatéralement arbitraire quand il est pratiqué par des journalistes comme Marc Cassivi, Patrick Lagacé, Rebecca Mekonnen, MBC, Josée Legault, Michel Hébert, Josianne Desloges, etc. ; les personnes « bloqué,es » agissant à visage découvert en tout bien tout honneur pourront faire appel de la décision de bloquer un,e abonné,e prise par un journaliste et pourront faire renverser cette décision en portant plainte au CdPQ. Les abonn,ées du compte d’un journaliste n’avaient pas de recours possibles ; il y aura maintenant des recours possibles. C’est la moindre des choses. C’est un bon début.

C’est la victoire de 2e instance de l’État de droit VS le Far West 2.0 ; la victoire de la liberté d’expression VS la censure ; la victoire de l’altérité magnifiée VS l’entre-soi irresponsable ; la victoire de la démocratie délibérative et participative VS l’absolutisme autocrate du bon plaisir Souverain du Monarque de droit divin ; la victoire de la sécurité et convivialité responsable VS la terreur du Grand Inquisiteur satisfait ; la victoire de la logique de l’égalité VS le sophisme d’autorité ( le chef a toujours raison ) ; la victoire du forum citoyen agissant au grand jour dans ses citadelles VS les oubliettes de la Bastille internautique ; la victoire des petits, des obscurs et des sans-grades VS les duchés des grands esprits autoproclamés ; la victoire de la persévérance et de l’espoir VS l’abandon découragé ; la victoire de la raison VS la déraison de l’esprit de corps médiatique ; la victoire de la solidarité citoyenne radicalement démocratique VS la solidarité radicalement corporatiste.

C’est l’occasion de mettre à niveau la déontologie journalistique héritée des lumières au regard de ce que sommes devenus sous les lumières de nos écrans.

Le compte Twitter d’un journalisme n’est dès lors plus un Royaume coupé du monde civilisé. L’état de droit y a désormais droit de Cité. L’info-silo en prendra forcément pour son grade et les journalistes cesseront, devront cesser, de la valider et pratiquer. À valeur d’exemple, c’est l’ensemble de la communauté internautique qui s’en trouvera métamorphosée, parce que responsabilisée. La déliquescence du savoir-vivre en société engendrée par celle qui a cours sur nos écrans s’en trouvera heureusement freinée.

Les technologies numériques doivent demeurer, comme les matérielles, des outils dans les mains des artisans, et non pas tenues pour maître de l’artisan. Certes il faut s’adapter aux nouvelles technologies, mais elles ne doivent pas modifier numériquement ce que les civilisations sapiennes ont mis des millénaires à mettre au point pour vivre ensemble dans une Cité… matérielle.

Si expulser, bannir, faire disparaître une personne aux yeux des autres participant,es à une assemblée, une réunion d’un groupe, d’une famille, d’ami,es sont des avènements aussi graves, traumatisants, violents, que rares, c’est qu’il y a de bonnes raisons. Si porter un masque, une cagoule, un pseudo dans la Cité matérielle, dans une assemblée, dans un parlement n’est pas admissible, c’est qu’il y a de bonnes raisons. Si s’attaquer à une personne, insulter une personne n’est pas admissible en société, si les grossièretés ne sont pas bienvenues, c’est qu’il y a de bonnes raisons.  Si les sectes n’ont pas bonne presse, c’est qu’il y a de bonnes raisons. S’il est inadmissible que des quartiers entiers deviennent des zones de non-droit où seraient bannis toutes polices, toute sécurité, tout recours à des arbitrages indépendants des bandes qui y font régner leur ordre arbitraire autoproclamé, c’est qu’il y a de bonnes raisons.

Ce pourquoi il n’y a aucune raison pour que l’on fasse de nos échanges internautiques un espace de non-droit. En effet, Internet est partie intégrante de la vie de la Cité et notamment, aussi, de son espace politique délibératif réputé démocratique. Ce pourquoi les journalistes doivent être exemplaires et montrer la voie, non pas participer à la destruction ou déliquescence de l’État de droit démocratique. La décision de première instance du CdPQ validée par le CA du CdPQ interpellé exceptionnellement dans la foulée a validé le contraire du bon sens déontologique. Heureusement mon appel de cette décision a permis que s’exprime et une autre voix ; ne manque plus que ce qui en découle ne s’applique, à valeur d’exemple, au bénéfice de la convivialité cordiale devant prévaloir dans l’ensemble de  la vie dans la Cité, quelles que soient nos divergences et différences, qu’elles soient naturelles ou électives.

 

L’espace public démocratique 2.0

Que l’on manipule l’information dans un cercle d’amateur,trices de produits de maquillage ou de décoration, de jeux vidéos ou de collectionneur,euses de tableaux ou de timbres, c’est une chose, que l’information soit manipulée dans l’espace public démocratique politique qui est le nôtre, c’est autre chose, quelque chose d’extrême et de pernicieux. L’information jusqu’aux élections et autres référendums s’en trouvent manipulé,es, et c’est tout sauf admissibles. Comment y remédier si rien n’est fait. Si la faute est sans cesse celle des autres, de l’air du temps ou de la main invisible du marché. 

Qui peut mieux faire sinon les pouvoirs en place ? Au premier chef, le 4e pouvoir, celui de la presse et des médias, censés agir de contre-pouvoir aux 3 premiers composant l’État (pouvoir exécutif, législatif et judiciaire). Jeter aux oubliettes ses contradicteur,trices est typique d’un pouvoir d’État absolument arbitraire qui n’est de mise que dans un État autocrate à l’absolutisme débilitant.

Comment a-t-on pu y recourir sans qu’un voyant ne s’allume quelque part dans l’esprit des journalistes qui se vantaient d’y recourir ? C’est une grande question à laquelle il faudra un jour répondre.

Pour l’heure, d’autres journalistes ont heureusement en 2e instance, choisi de rompre avec l’État de non-droit. Ne reste à la communauté journaliste que d’emboîter toute entière le pas jusqu’à redevenir toutes et tous les parangons de la liberté d’expression internautique telle que justement policée par des règles numériques nouvelles, certes, mais de même nature et de mêmes fins que celles qui s’appliquent dans la Cité matérielle, non sans que des siècles de chaudes luttes n’aient été nécessaires pour parvenir à protéger et garantir ce qu’il est convenu de nommer, la liberté de presse ; déontologie journalistique à la clé. Telle liberté ne devant pas être le privilège d’une caste, mais de l’ensemble citoyen que nous sommes. Me semble… Or, il se trouve que maintenant, il semble pareillement au CdPQ… Ce qui n’est pas rien.

Québec | 2019 03 25

DOCUMENTATION

Tout le dossier au format pdf via google-docs
Incluant les plaidoyers de 1ière et de 2e instances des uns et des autres

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À propos de Luc Archambault

Artiste et citoyen

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