Lettre à Aly Ndiaye ( Webster ) | avant & après son passage à TLMEP

Tout le monde en parle | Le Mois de l'Histoire des Noirs au Canada | RCI

 

Bonjour Aly Ndiaye,

On ne se connaît pas beaucoup, mais je pense qu’on se respecte et estime.

Pour mémoire, je tenais, avant la pandémie, VIGILE du samedi pour la DÉMOCRATIE tous les samedis 14h depuis le 19 fév. 2011, j’en étais en mars à ma 471e édition le 14 mars 2020 dernier… on s’est rencontré là un samedi avec tes amis nègres… et nous avons cordialement devisés… pour nous présenter, entre artistes et citoyens.

Tu as décidé de ne pas continuer à travailler avec Robert Lepage parce que tu ne te sentais pas à l’aise avec sa démarche. Je ne comprends pas pourquoi tu vas te présenter à TLMEP dans le contexte qu’a choisi de retenir l’équipe de TLMEP…

En effet, de par la liste des invité,es, on comprend qu’aucun,e invité,e ne représentera la part majoritaire des Québécois,es qui, comme moi, à tort ou à raison, pense qu’il y a une différence entre nigger et nègre, entre nègre et nègre, entre niggerness et négritude ; pense qu’il y a une différence entre insulte et respect : entre sale nègre et Art nègre ; une différence ontologique qui fait très exactement et précisément la différence entre le monde ancien détestable de la honte et du mépris et le monde présent et à venir de la fierté et du bien-être. Cela participe du reste des deux solitudes. Pourquoi devrait-on faire impasse sur cette réalité sous prétexte de donner un nouvel élan à l’anti-racisme et l’anti-colonialisme anglo.

On peut débattre longtemps… mais le faire dans le contexte d’un dîner de cons, où il n’y a pas sur place les tenants des deux pensées qui s’affrontent, ça ne peut être qu’une fausse bonne idée, y compris même pour la cause que tu défends, qui du reste est celle que je défends moi aussi, et tout autant.

Je suis comme toi, démocrate, anti-raciste, anti-colonialiste. Je suis donc pour l’égalité des races, des personnes, des sexes ; pour la diversité culturelle et raciale de l’Humanité qui a mis 2m d’années à se construire et développé au hasard de l’implantation de groupes sapiens sous toutes latitudes et longitudes.

Cf : De l’oeco-culturalisme.

Ce qui a isolé des groupes plus au Nord qui ont dû pour survivre changer de couleur de peau pour pouvoir synthétiser la vitamine D malgré le moindre ensoleillement, ce qui a créé des cultures et des races différentes de la même espèce sapienne, alors que nous vivions pendant ± 170k ans avec d’autres espèces du genre homo, les Néandertalien,nes, et autres Denissovien,nes, etc…

Toutes choses mises à mal par la culture sapienne patriarcaliste débilitante qui s’est structuré il y a ± seulement 10k ans après que les sapiens eurent domestiqué le loup et tout appris de la reproduction sapienne et animale. Non sans comprendre l’abstraction qui consiste à comprendre qu’il y a un lien de cause à effet entre coït et parturition sapienne et animale.

Cf : La Cause des causes | Le Giga-bang culturel sapiens géniteur de l’idée de dieu

« … multipliez-vous et dominez la nature » Genèse 1.28 | La Bible.

Pendant au moins 190k ans les sapiens de toutes races et cultures, isolées les unes des autres pendant des millénaires, ne se sont pas fait la guerre, n’ont pas détruit la nature, n’ont pas assujetties les femmes, n’ont pas pratiqué l’esclavage, et… n’ont pas inventé l’idée de Dieu, et tout à coup, en moins de 2 ou 3k ans, les sapiens ont domestiqué le chien, puis d’autres animaux, ce qui a permis le développement de l’agriculture, puis de la sédentarisation et tout ce qui s’en suit… Cité et États, écriture, sciences, développement exponentiel des techniques jusqu’à menacer le climat en moins de 5k ans, à force de se multiplier et de DOMINER la nature… en lieu et place de la respecter…

Bref, me semble que tu devrais exiger la parité pour participer à un débat ouvert et non pas à un dîner de cons… ou… te désister… parce qu’un dîner de cons, ça ne sert personne, ni aucune cause… c’est juste n’importe quoi et son contraire.

Mais bon, c’est à toi les oreilles.

Amitiés et au plaisir de se rencontrer à nouveau.

Luc A.

www.luc-archambault.com | Cell. 418 261 81 48


P.S.

Emilie NICOLAS, m’a bloqué dans Twitter… et je me demande bien pourquoi à part le fait que je contredis valablement et respectueusement ses analyses… méchante ouverture aux autres…

Cf

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Comme suite à la diffusion de ta présence à TLMEP

Le Soleil | 2020 10 26 | Richard Therrien | TLMEP: débat nuancé sur le «mot en n»

« À propos du livre de Pierre Vallières, Nègres blancs d’Amérique, l’artiste et entrepreneur social Ricardo Lamour considère qu’il «occulte totalement la condition des personnes noires vivant au Québec» et «utilise le terme et crée une sorte de mythologie à laquelle on s’accroche». »

Cette affirmation est parfaitement subjective, partiale et refuse de tenir compte du contexte entourant la publication du livre en 1968. Le sophisme de la double faute ne tient pas la route. Ce n’est pas parce qu’on met en évidence la souffrance et la sujétion des Québécois,es d’origine neufrancienne qu’on « occulte totalement la condition des personnes noires vivant au Québec ». Au contraire, on met sur le même pied notre souffrance et celle des nègres, on attire l’attention des blanc,hes, non seulement sur leur souffrance, leur statut, leur condition, mais aussi sur celle des noir,es, du Québec et d’ailleurs dans le monde. Comment peut-on penser le contraire ? C’est inconcevable.

« Évidemment, il [ Pierre Vallières ] savait bien que l’histoire de ces deux peuples était totalement différente. Mais on sait maintenant que, sur le plan salarial,sa métaphore correspondait à l’exacte vérité. La commission Laurendeau-Dunton sur le bilinguisme et le biculturalisme a estimé qu’en 1960, au Québec, le revenu d’emploi moyen des hommes francophones unilingues équivalait à 51 % de celui des hommes d’origine britannique unilingues. À la même date, aux États-Unis, le revenu d’emploi moyen des hommes noirs équivalait à 56 % de celui des hommes blancs. »

«Nègres blancs», métaphore juste en son temps » Le Devoir (consulté le 6 juillet 2020)

C’est cette invention qui a attiré l’attention des blanc,hes d’origine neufrancienne qui a forgé peu à peu des solidarités entre québécois,es de différentes origines. C’est cette mise à plat de sombres destins qui fait de la société québécoise l’une des plus accueillante et des moins raciste d’Occident.

« Selon Michel Lapierre, la négritude blanche définie par Vallières contribue, en 1969, à forger la solidarité que des militants blancs témoignent aux étudiants noirs lors de l’occupation du centre d’informatique de l’Université Sir-George-Williams28. »

Nègres blancs d’Amérique, Wikipédia

Ce qui n’empêche nullement de faire les translations qui s’imposent. Ce n’est que toutes choses égales par ailleurs que Pierre Valllières a inventé le vocable nègres blancs d’Amérique… Cela ne minimise aucunement le sort des noir,es de l’époque de l’esclavage ici, avant et après la Conquête. Pas davantage que celui des noir,es des États-Unis en 1967Il est sophistique de prétendre le contraire.

« Ricardo Lamour considère qu’il «occulte totalement la condition des personnes noires vivant au Québec» et «utilise le terme et crée une sorte de mythologie à laquelle on s’accroche». Il déplore ce double standard sur l’utilisation du «mot en n» à CBC, qui le proscrit, et à Radio-Canada, qui le tolère. »

Il n’est pas venu à l’idée à Ricardo Lamour, qu’il y a une différence entre langue anglaise et langue française et que les mots peuvent avoir différents sens selon le mot et selon la langue… Nigger n’est pas nègre… niggerness n’est pas négritude. Il est normal donc que la norme ne soit pas la même en anglais et en français, à Radio-Canada comme ailleurs.

« Chroniqueuse au Devoir depuis 2019, Emilie Nicolas déplore être la seule, sinon l’une des rares personnes noires à occuper ce poste dans un média québécois, dans une ville où une personne sur trois est racisée. »

Le Québec n’est pas la ville de Montréal. Le Devoir est un média national, comme Radio-Canada, ces médias n’ont pas à refléter le résultat du nettoyage ethnique en cours à Montréal et qui fait en sorte que la majorité n’est plus d’origine neufrancienne. Les médias nationaux doivent refléter la nation. Or il n’y a pas un Québécois,es sur trois qui est non-blancs d’ascendance neufrancienne au Québec, c’est plutôt 1 sur 5, nuance.

Certes il faut mieux représenter partout la diversité ethnique, raciale, sexuelle et sociétale de la nation, mais ce n’est pas une raison pour confondre Québec et Montréal.

« Il ne faut pas s’empêcher de ne pas agresser sexuellement les femmes sous prétexte que des femmes aiment ça» nous dit en substance Emilie Nicolas à TLMEP

Il ne faut pas s’empêcher de ne pas utiliser les mots en N sous prétexte que des noir,es l’utilisent ou ne voit pas d’empêchement à l’utiliser.

Les mots en N agressent des noir,es, et puisqu’il ne faut pas agresser des noir,es il ne faut pas utiliser les mots en N.

L’usage du vocable blanc,hes m’agresse, parce que je suis blanc, je serais personnellement coupable d’esclavagisme, alors que des noir,es ont aussi été esclavagistes. Il ne faut donc plus m’agresser en utilisant le vocable blanc, qui est une insulte.

Je serais le seul blanc qui est agressé par l’utilisation du mot en B qu’il faudrait cesser de l’utiliser quand même.

On pourra m’objecter que ce n’est pas la même chose… mais je vais rester sur mes positions parce que depuis l’enfance je suis agressé par le mot en B, qui me traite de négrier… et de raciste, c’est souffrant et troublant… j’en tremble…

J’aime l’Art nègre et la négritude, la civilisation nègre, sa philosophie, sa manière de voir et de représenter le monde, mais je n’ai pas le droit de le dire, sauf si je ne prononce pas les mots nègre et négritude. Les noir,es le peuvent, même si des nègres ont été négriers, ça ne compte pas, parce qu’ils ont été esclaves des mots en B. Des mots en B ont aussi été esclaves, mais ça ne compte pas. Ne compte que la douleur nègre, même si elle est d’abord le fait des négriers nègres. Comment l’esclavage des noirs et la traite négrière orientale et occidentale auraient-il,elles pu être possible si des négriers nègres n’avaient pas battu les campagnes africaines pour réduire d’autres noir,es à l’esclavage ? Elle ne l’aurait pas pu, mais ça ça n’est pas grave, les mots en B sont coupables, qu’ils aient été ou pas racistes du reste.

J’aime l’Art nègre parce que j’ai été placé devant lui, amené à l’aimer, par Picasso, par la France qui dès le début du 20e siècle a mis de l’avant la beauté de l’art nègre, le tout validé par les chantres de la négritude qu’ont été Aimé Césaire et autres Léopold Sédar Senghor, pour nommer que les plus universellement connus, et tout ça pour qu’on s’empêche de célébrer cette négritude en commençant par s’empêcher de la nommer quand on est mot en B…

FOUTAISES !

Ce n’est pas parce que je serais insulté d’être tenu pour blanc que je suis pour autant autorisé à me croire autorisé à interdire l’usage de ce mot, ou autorisé à déterminer qui a droit ou pas de l’utiliser, ni moi, ni un groupe de personne autour de moi, ni personne d’autre en excluant tous les blancs qui ne penserait pas comme moi.

Ce que je peux exiger, c’est que soit prohibé,es l’insulte, les propos haineux et insultants.

L’Art nègre n’est pas un propos haineux. Des nègres ont été négriers; en français, ce n’est pas là un propos haineux. Les noirs sont des nègres et vice-versa, ce n’est pas là faire une affirmation haineuse.

Sale noir,es, ça c’est haineux. Ce n’est pas une raison pour prohiber l’emploi du mot noir,es pour nommer les nègre,sses, et vice-versa. Ce qui compte c’est la connotation haineuse, hostile, méprisante, suprématiste.

Les femmes qui ne trouvent rien de mal à ce qu’on leur mette la main aux fesses n’a rien à voir avec le fait d’employer le mot nègre et négritude hors toute intention ou connotation insultante, dénigrante, dégradante. Mettre la main aux fesses est une intrusion dans la bulle, l’intimité d’une personne, qu’on y consente ou pas. Or, l’emploi des mots nègre et négritude n’est pas d’emblée insultant. Tout dépend de l’intention et du sens mis en cause, donc aussi du contexte. Il se trouve qu’un même mot peut avoir plusieurs sens selon la langue et dans une même langue. Refuser d’en tenir compte n’est pas admissible. Ce serait refuser de tenir compte de la langue en question, de ses dictionnaires, de ses usages, de la linguistique et de la culture même de la langue. Ce qui n’a aucune espèce de sens. 

Précisions quant au passé esclavagiste des Neufrancien,nes

« À la page 86 du livre Deux siècles d’esclavage au Québec de Marcel Trudel, un tableau donne le nombre de nouveaux esclaves noirs arrivés au Canada. Pour la période allant de 1700 à 1730, on constate que 44 noirs apparaissent comme esclaves au Québec. Les chiffres pour les trois décennies suivantes sont de 43, 141 et 95 par décennie. Ainsi, ce sont 323 esclaves noirs qui sont arrivés au Québec entre 1700 et 1759. »

Cela pour une population de ± 70k personnes. Moins de la moitié de un% 0,46%. Alors qu’elle pouvait représenter 90% dans les colonies sucrières et autres anglaises, portugaises, espagnoles et françaises dans les Caraïbes et ailleurs en Amérique du Nord et du Sud.

De très rares familles noires sont d’ascendance neufrancienne (Nouvelle-France), si tant est qu’il y en ait.

« L’arrivée de plusieurs esclaves noirs entre 1730 et 1759 résulte d’attaques contre les villages anglais dont les Français ramenaient les esclaves noirs. Par exemple, en 1745, une esclave noire enceinte est ramenée au Québec quand son mari est tué dans une attaque. Cette réfugiée est comptée pour deux arrivées d’esclaves noirs au Québec.

Ainsi, le nombre de 1 400 esclaves noirs avancé par Marcel Trudel est surtout le fait du régime anglais. Il en arrivera près de 1 200 sous le régime anglais. La majorité des esclaves noirs du Québec seront détenus par des propriétaires d’origine britannique. » Esclavage noir WIKIPÉDIA

« En 2016, dans l’essai Une place au soleil, Sean Mills expose que Nègres blancs d’Amérique a eu comme conséquence une minimisation de « la longue histoire de diversité dans la province », la marginalisation de l’histoire des personnes noires et autochtones au Québec et l’invisibilisation de la réalité des minorités raciales. Il rappelle qu’au XXe siècle, beaucoup d’Afro-Montréalaises travaillaient comme des porteurs dans les voitures-lits et que les Afro-Montréalaises étaient des domestiques. »

Nègre blancs d’Amérique | Métaphore raciale

… Domestiques de familles riches anglaises et porteurs dans les hôtels et compagnies ferroviaires anglaises… Pourquoi omettre ce détail qui compte pourtant quand on veut attaquer de front les Québécois,es, blanc,hes d’origine neufrancienne.


À propos de Luc Archambault

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